Oboem, quand l’art s’affiche en ville à Bordeaux

Par bordeaux7 le 12 novembre 2017 à 22:57

« Là bas » d’Isabelle Trichelieu, sur un abribus proche de la place des Quinconces © ôboem

Une start-up remplace les affiches publicitaires par des oeuvres d’art. Cette initiative connaît un succès grandissant dans les rues de la capitale girondine. Attendre le bus et poser son regard le temps de quelques secondes sur une oeuvre d’art. Une action qui peut paraître anodine, mais qui permet de s’évader, ne serait-ce qu’un instant. Vous passerait-il la même chose dans la tête devant une publicité pour un crédit immobilier ? Pas sûr.

Ôboem, jeune entreprise créée en juin dernier, à Bordeaux, propose d’égayer la ville et le quotidien de ses habitants. Pour cela, elle détourne des espaces publicitaires pour y exposer des oeuvres d’art. Afin de pouvoir réaliser ce type d’affichages, la start-up s’appuie sur un réseau de « mécènes », qui grâce à  leurs dons permettent la location de ces espaces, jusqu’alors réservés au monde de la consommation.

Une initiative participative

Louer un espace publicitaire n’est bien évidemment pas gratuit. Sur oboem.com, des séries d’oeuvres sont présentées. Si un coup de coeur se déclare ou si vous souhaitez seulement voir l’une d’elles près de chez-vous, il est alors possible de faire un don. En échange, vous recevrez une copie de l’oeuvre en question (plus ou moins grande suivant le montant). Plus de 50% des recettes sont réservés à l’achat d’espaces publicitaires dans la ville.

Cette initiative est une belle fenêtre d’expression pour les artistes sélectionnés. La visibilité qui est donnée à ces oeuvres permet de toucher un public beaucoup plus large que celui habitué des expositions. Une réelle relation s’établie entre artistes et mécènes (à ce jour plus de 130). Une ititiative qui tend à à lutter contre la pollution visuelle qui inonde nos villes. « C’est une approche plus poétique de la ville. Une philosophie qui permet à tous de participer au changement de la société », précise Oliver Moss (32 ans), co-fondateur d’Ôboem avec Marie Toni (28 ans), sa compagne à la scène comme à la ville.

Bordeaux comme ville test

Depuis le lancement de ce projet, Bordeaux s’est transformée en véritable galerie d’art à ciel ouvert. La première campagne a vu l’installation de 17 oeuvres sur 70 panneaux publicitaires d’abribus de la ville.

La seconde ne débutera qu’au début de l’année 2018. En attendant, un chemin de 35 panneaux affichant des illustrations satiriques sera installé du 27 novembre au 3 décembre sur les quais de Bordeaux.

Pour l’instant uniquement déployé dans les rues de Bordeaux, ce dispositif a pour vocation de s’étendre à d’autres villes françaises et pourquoi pas continuer sa progression à l’étranger.•

Kévin Tomas
https://oboem.com

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