Stationnement : les mauvais payeurs sont davantage pénalisés à Bordeaux

Par bordeaux7 le 11 janvier 2018 à 22:42

Les agents de Moovia verbalisent à l’aide d’un smartphone. © Guillaume Bonnaud / Sud Ouest

Vous avez peut-être remarqué en vous garant que les horodateurs avaient changé. Ce n’est pas la seule nouveauté en ce début d’année. Désormais ne pas payer son parking coûte aussi beaucoup plus cher. Depuis le 1er janvier, la Ville de Bordeaux a en effet abandonné l’amende à 17 euros pour un forfait post-stationnement plus élevé.

En clair, au-delà des deux heures maximum de stationnement autorisé, les véhicules qui n’ont pas bougé devront payer 35 euros dans l’hyper-centre et 30 euros dans le reste de la ville. Une mesure destinée à obliger les automobilistes qui ne sont pas riverains à bouger leur voiture.

Pour faire respecter cette nouvelle législation, la mairie a confié le contrôle du stationnement à une société privée, Moovia . 65 agents salariés de cette entreprise arpentent les rues de Bordeaux. Ils sont vêtus d’un chasuble rouge pour être identifiés et verbalisent à l’aide d’un smartphone et d’une mini-imprimante pour imprimer le papillon à glisser sous l’essuie-glace de l’automobiliste, qui aurait dépassé son temps ou oublié de payer. Les contrôleurs ne choisissent pas au hasard les rues où ils sévissent. La police municipale leur demande de cibler en priorité les rues où le moins de paiements sont enregistrés. La Ville est en effet en mesure de connaître précisément ces chiffres.

Notamment grâce aux nouveaux horodateurs qui obligent les automobilistes à rentrer leur numéro d’immatriculation lorsqu’ils s’acquittent de leur stationnement. Mais ils permettent le règlement par carte bancaire contrairement aux anciens modèles. Plus d’excuse si l’on n’a pas de monnaie.   

Une politique qui fait tache d’huile

Le forfait qui remplace l’amende est envoyé par courrier à l’automobiliste verbalisé. En cas de non paiement au bout de trois mois, il passe à 50 euros. Cette nouvelle politique offensive en matière de stationnement devrait permettre à la Ville d’augmenter ses recettes de 2 ou 3 millions d’euros par an, en plus des 13 millions que rapportent déjà les horodateurs. Sans compter que le stationnement payant va continuer de gagner du terrain. Bordeaux compte 55 000 places pour se garer aujourd’hui dont la moitié payantes. Ce sera 42 000 d’ici 2019.

Conséquence immédiate, les villes de la métropole limitrophes de Bordeaux adoptent le même principe de forfait. A Talence, Mérignac ou au Bouscat, ne pas payer son stationnement coûte beaucoup plus cher dans les zones en tension. A Bègles, où se garer ne coûte rien, la municipalité commence à réfléchir aussi à la possibilité de le rendre payant dans certaines rues près des boulevards. Les automobilistes ayant vite saisi l’aubaine.

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