Street Art 2018 à Bordeaux, c’est parti

Par bordeaux7 le 03 juin 2018 à 18:56

"Espaces Symboliques" du street artist Jean-Luc Feugeas à Mériadeck. © JEAN-LUC FEUGEAS

Des graffitis, mais pas que. La Saison Street Art 2018 démarre le 20 juin avec l’inauguration de l’exposition « Légendes Urbaines » à la Base sous-marine. Durant tout l’été, des artistes créent aussi dans les quartiers de Bordeaux.

Des années 80 à nos jours, l’événement « inside » de cette saison retrace l’évolution de l’art urbain, avec des graffitis, donc, mais aussi d’autres créations réalisées dans des espaces publics, comme des pochoirs, des mosaïques, des stickers… Avec les œuvres d’une cinquantaine d’artistes reconnus, comme Invader, Banksy, ou encore Roti ; et des installations in situ de Madame et MonkeyBird. « Les visiteurs auront même la possibilité de taguer virtuellement sur un mur de Bangkok, ou un building de New York », assure l’un des organisateurs, Pierre Lecaroz.

La Saison Street Art, c’est d’abord la promotion de l’art urbain dans Bordeaux. « Nous ambitionnons de favoriser sa reconnaissance et sa diffusion dans la ville », explique Fabien Robert, adjoint au maire chargé de la culture et du patrimoine. Depuis la première édition en 2016, trente fresques ont pu voir le jour à Bordeaux, grâce à la Ville, qui propose une aide financière aux artistes volontaires. « Avec un budget de 70 000 euros, auquel s’ajoutent 30 000 euros d’aide de l’Etat. »

Des voitures en trompe-l’œil

Cinq réalisations de fresques sont annoncées pour le moment. Parmi les artistes, le Bordelais Jean-Luc Feugeas, qui a choisi d’installer sa fresque murale aux motifs géométriques, « Espaces symboliques », à Mériadeck, entre le 1er et le 10 juin. « Le dialogue entre mon œuvre et l’environnement urbain est primordial, comme quand on achète une toile et qu’on veut qu’elle aille avec la couleur de notre mobilier. » Des internationaux seront aussi de la partie, comme l’Allemand Hendrik Beikirch connu pour ses grands portraits en noir et blanc, qui créera dans le quartier du Grand Parc, du 24 juillet au 4 août.

Côté expositions, les housses de voitures en trompe-l’œil de l’Américain Keith Allyn Spencer, représentant précisément des vieilles voitures des années 90 aux couleurs criardes, seront installées dans le parking du cours Victor Hugo par la galerie Escalier B. L’Utopia diffusera aussi trois films autour du street art. Des balades commentées, à vélo ou à pied, avec l’association L’Irrégulière permettront de découvrir toutes les œuvres dans Bordeaux, au mois d’août. La Saison s’achèvera par un débat sur la place de l’art urbain dans le patrimoine, le 27 septembre, au CIAP/ Bordeaux Patrimoine Mondial.

« Un moyen de favoriser la collaboration, parfois compliquée, entre le street art et les autres formes d’art », selon Fabien Robert, qui rappelle l’incident qui a récemment eu lieu à Paris à ce sujet : l’artiste contemporain Daniel Buren a demandé d’effacer une œuvre de street artist Module de Zeer à proximité de ses fameuses colonnes dans la cour du Palais-Royal à Paris.

Delacroix sur un stop

L’adjoint au maire s’amuse enfin à rappeler que le street art ne s’arrête pas à la Saison Street Art, puisque nombre d’installations voient le jour en parallèle. Il salue la venue de l’artiste Clet Abraham, qui fait des panneaux de signalisation son terrain de jeux : près de la place des Quinconces, il a ainsi customisé un panneau stop, en y intégrant des personnages du tableau de Delacroix, « La liberté guidant le peuple ». Un hommage à mai 68.

Alix Fourcade

 

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