Quelles solutions pour mieux circuler après la fermeture du pont de pierre?

Par bordeaux7 le 05 juillet 2018 à 22:21

Le pont de pierre et ses embouteillages, comme ici en 2012, c’est fini. © ARCHIVES CLAUDE PETIT / SUD OUEST

Ce jeudi 5 juillet, Alain Juppé a annoncé officiellement que le pont de pierre n’allait pas rouvrir à la circulation des voitures. Une décision historique. Le plus vieux pont de Bordeaux, le seul à relier la rive gauche et la rive droite jusqu’en 1967, sera dédié aux circulations douces et au tramway.

Cette décision fait suite à un comité de pilotage avec les élus de la Métropole. Malgré quelques opposants, dont les maires de Floirac et de Carbon-Blanc, les municipalités de Cenon, Lormont et Bassens ont soutenu la décision du président de la Métropole.  La mesure est définitive et non-négociable. « Nous avons étudié des solutions intermédiaires, mais c’est ingérable », tranche Alain Juppé. La signalisation sera améliorée pour permettre aux conducteurs de mieux anticiper les déviations et les travaux.

« Le retard pris dans la construction du pont Simone-Veil ne saurait justifier la réouverture du pont de pierre », complète le maire de Bordeaux. Entre les transports en commun, les piétons et les vélos, il y a aujourd’hui plus de personnes qui empruntent le pont de pierre que lorsque les voitures y étaient autorisées. Avant sa fermeture à titre expérimental en août 2017, le trafic routier du pont de pierre représentait 3% du trafic automobile franchissant la Garonne depuis la rive droite, en heure de pointe. Derrière l’annonce controversée de la non-réouverture aux voitures, se cachent les problèmes incessants de circulation que la ville essuie aujourd’hui.

Bonus covoiturage

En cause, le nombre impressionnant de travaux en cours dans la métropole et le sous-dimensionnement de la rocade. Le bandeau routier qui entoure la capitale girondine est le principal responsable de la congestion, d’après le maire, qui demande expressément à l’Etat de l’élargir. L’ouverture aux 2×3 voies du pont Mitterrand en juin et de la bretelle du pont Saint-Jean constituent un premier levier de décongestion.

Alain Juppé propose plusieurs mesures pour améliorer la circulation. Dès septembre 2018, un « bonus covoiturage » sera mis en place pour récompenser les usagers. Une manière de contrecarrer le fait que 95% des personnes effectuent des trajets seuls dans leur voiture. Qui le pilotera ? Qui le financera ? Pas de réponse à ce jour.

Le trafic de la rocade va aussi être régulé par un plus grand nombre de feux. Dans les Maisons de mobilité, les habitants auront accès à davantage de vélos électriques.

Développer les « métropolitrains »

Côté transports en commun, le réseau TBM va être étendu rive droite. À la rentrée, la ligne 45 sera prolongée jusqu’à Bouliac centre et le trafic de la ligne A du tramway renforcé, à raison de deux rames en plus par heure toute la journée. « Nous souhaitons aussi donner aux TER la place qu’ils n’ont pas en en faisant des « métropolitrains » », statue le président de Bordeaux Métropole qui entend redynamiser le trafic de certaines gares. Quant à l’idée d’un métro à Bordeaux, il l’écarte au profit des téléphériques, qui séduisent de plus en plus de maires de la rive droite.

Depuis quatre ans, le nombre de cyclistes a augmenté de 40% à Bordeaux. Un chiffre dont le maire est fier et qui correspond à la politique environnementale de la ville. La décision de ne pas rouvrir le pont de pierre aux voitures va dans ce sens. Deux enquêtes de la Chambre du Commerce et de l’Industrie  de Bordeaux-Gironde ont aussi été menées en amont : l’une, auprès des commerçants de la rive droite qui se sont prononcés pour la réouverture en mettant en avant une perte de chiffre d’affaires, et l’autre auprès des habitants de la rive droite, qui se sont prononcés contre. Seuls 14% de ces derniers utilisaient le pont de pierre pour traverser la rive en voiture avant sa fermeture.

Alix Fourcade

COMMENTAIRES (0)