Gilets jaunes, lycéens : la tension monte dans l’agglomération bordelaise

Par bordeaux7 le 07 décembre 2018 à 00:39

Un sapeur-pompier appelle au calme ce jeudi matin, place Stalingrad. © FABIEN COTTEREAU / SUD OUEST

A la veille du 4e week-end de mobilisation des gilets jaunes, la peur des émeutes grandit dans la métropole. La journée de jeudi a pris un tournant particulier.

Pour le 4e jour consécutif, les lycéens ont quitté les salles de cours pour manifester contre la réforme du bac et de Parcoursup, parfois encadrés par des gilets jaunes, parfois rejoints dans la rue par des casseurs.

Jeudi matin, ils ont à nouveau fait brûler des poubelles sur les rails du tram de la place Stalingrad, perturbant le trafic de la ligne A. Des vitres de la station ont été brisées. Des casseurs ont pris à parti des sapeurs-pompiers.

A Blanquefort, devant le lycée professionnel Léonard-de-Vinci, des manifestants ont jeté des projectiles sur des gendarmes dépêchés sur les lieux. Un lycéen a été blessé.

Autres scènes de violence à Mérignac. En début de matinée, les élèves du lycée Daguin ont mis en place un barrage filtrant pour entrer dans leur établissement. A l’extérieur, un bidon d’huile a été lancé sur une première voiture garée à proximité du lycée vers 9h30. Deux autres ont été incendiés dans l’heure qui a suivi. Des cailloux, branchages et bouteilles ont été jetés sur les forces de l’ordre. Là-aussi, la circulation des rames sur la ligne A du tram a été fortement perturbée. Le maire Alain Anzianu s’est déplacé sur place, appelant les manifestants à s’apaiser. La situation est revenue au calme à la mi-journée.

Des élèves appelés à rester chez eux

Au total, une dizaine d’établissements a été pertubée hier en Gironde par des manifestations lycéennes. 13 interpellations ont eu lieu (8 à Blanquefort, 3 à Mérignac, 2 place Stalingrad à Bordeaux). « Lorsqu’un élève est dans un lycée, il est sous la responsabilité du chef d’établissement. En dehors, il est sous la responsabilité de ses parents », a rappelé ce jeudi après-midi le rectorat qui ne souhaite pas fermer d’établissements. Le proviseur du lycée François-Mauriac a néanmoins posté un message sur le site de l’établissement de la Bastide. Il y invite les parents à ne pas envoyer leurs enfants au lycée et à s’assurer de leur présence à leur domicile, la place Stalingrad restant « le théâtre de graves désordres », dit-il.

L’association des parents d’élèves FCPE 33 appelle ce jeudi après-midi à la création de lieux de discussion à l’intérieur des lycéens. Le syndicat enseignant Snes-FSU demande quant à lui un moratoire sur les réformes et suppressions de postes qui touchent collèges et lycées.

 


Des lieux fermés et des manifestations annulées

La Ville de Bordeaux a pris plusieurs mesures de précaution pour ce week-end et éviter tout débordement. Ce samedi 8 décembre, plusieurs lieux publics resteront fermés : les services de la mairie de Bordeaux et les établissements suivants : la bibliothèque de Mériadeck, le Conservatoire, le CAPC, le Musée d’Aquitaine, le Musée des Arts décoratifs et du design, le Musée des Beaux-Arts, le Jardin Botanique, la Halle des Chartrons, l’espace Saint-Rémi, la salle capitulaire et la Cour Mably, le marché de Lerme, le théâtre L’Inox et l’Opéra.

Par ailleurs, plusieurs manifestations sont annulées : le Téléthon place de la Victoire, Bordeaux en livres au Grand-Théâtre. Le marché solidaire sur la place Pey-Berland a été démonté et annulé. Pas de fermeture en revanche du marché de Noël sur les allées de Tourny sauf injonction de la Préfecture et de la Police. La brocante place des Quinconces reste elle aussi ouverte.

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