Cinq dossiers à retenir du Conseil municipal du 10 juillet à Bordeaux

Par bordeaux7 le 10 juillet 2017 à 19:11

Dernière séance avant la trêve estivale ce lundi 10 juillet © GUILLAUME BONNAUD / SUD OUEST

Qui dit dernier Conseil municipal avant les vacances, ne dit forcément pas Conseil en espadrilles. D’importants dossiers ont été votés ce lundi 10 juillet au Palais Rohan. Voici les cinq dossiers à retenir de cette séance.

Le Conseil a exceptionnellement démarré en matinée et s’est terminé après la pause déjeuner. Le maire Alain Juppé a annoncé qu’il devait se faire hospitaliser dans la soirée pour une opération de la hanche.

Hommage à Simone Veil

En début de séance, les élus ont observé une minute de silence en hommage à Simone Veil décédée le 30 juin dernier. Le maire Alain Juppé annonce que le futur franchissement sur la Garonne portera le nom de l’académicienne. “Entre le pont Chaban et le pont Mitterrand, je trouve cette proposition symbolique”, dit-il. Le pont doit être mis en service en 2020.

 

Taxes d’habitation et foncière, ce qui va changer l’an prochain

Les impôts locaux vont augmenter en 2018. Les élus ont voté ce lundi une baisse de l’abattement de la taxe d’habitation de 19 à 15%. Conséquence : plus de Bordelais paieront cet impôt. Ceux qui la payent déjà verront une hausse moyenne de 48€ en moyenne sur leur avis d’imposition.

Dans l’opposition, Matthieu Rouveyre parle de “racket fiscal”. “Bordeaux est déjà l’une des villes les plus fiscalisées de France. Vous augmentez les impôts et fermez les piscines”, dénonce-t-il pointant les “dépenses somptuaires” du nouveau stade, de la Cité du vin et de la cité municipale au détriment des équipements de proximité. L’écologiste Pierre Hurmic, lui se demande si cette hausse n’est pas opportune. Le président Emmanuel Macron et son gouvernement ont promis d’exonérer 80% des Français de taxe d’habitation d’ici la fin du mandat (2022). En augmentant maintenant la taxe, “vous espérez être mieux remboursé par l’Etat en compensation”, souffle-t-il.

“Les Bordelais sont déjà pas mal pressurisés, côté fiscalité”, note aussi le socialiste Vincent Feltesse. Il suggère une autre piste : “Ne doit-on pas aller plus loin dans la mutualisation des compétences avec la métropole? Elle pourrait réorienter ses dépenses.” Le maire et président de la Métropole partage en partie cet avis. “Des maires me disent qu’ils n’ont plus les moyens de construire de nouveaux groupes scolaires. Je proposerai d’aller plus loin à la rentrée.”

Autre nouveauté en matière fiscale : en 2018, les personnes ayant acheté un logement neuf ne seront plus exemptées de taxe foncière pendant deux ans. Ce dispositif ne concerne pas l’accession sociale à la propriété. Ces deux mesures permettront à la Ville d’encaisser 4,75 millions de recettes supplémentaires par an.

 

La location de meublés aux touristes plus encadrée

Les chiffres sont éloquents. À Bordeaux, il y aurait autant de logements mis en location sur la plateforme Airbnb que de chambres d’hôtels. Concurrence déloyale, augmentation du prix du foncier et des locations à l’année : l’économie collaborative n’a pas que des vertus. Depuis l’été dernier, le prélèvement de la taxe de séjour est obligatoire. Elle a rapporté 190 000€ à la Métropole sur les 6 premiers mois de l’année.

De nouvelles règles entrent en vigueur. Il n’est plus autorisé de louer plus de 120 nuitées par an sa résidence principale. Au-delà de ce seuil, les propriétaires verront leur logement passer dans la catégorie “meublé de tourisme”. Tout loueur occasionnel bordelais doit désormais s’enregistrer auprès de la mairie et transmettre son numéro aux plateformes intermédiaires.

Pour éviter que certains quartiers ne deviennent des parcs de location pour touristes, la Métropole impose aussi aux professionnels qui mettent en location un meublé de tourisme de le “compenser” avec un logement en bail classique.

 

Ne pas payer son stationnement payant coûtera deux fois plus cher en 2018

À partir de 2018, ceux qui oublieront de payer leur stationnement en zone payante s’exposeront à une redevance de 35€ à l’intérieur des cours, à 30€ au-delà. Les collectivités locales sont désormais libres de fixer le montant de ce forfait. À Bordeaux, ce nouveau dispositif s’accompagne d’une évolution des tarifs. Au-delà de deux heures, le stationnement augmente fortement. Il passe à 35€ les trois heures. “Nous voulons plus de rotations sur la voirie et inciter les automobilistes à aller en parc de stationnement”, explique Jean-Louis David, adjoint en charge de la voie publique. Écologistes et socialistes approuvent. Avec un bémol pour Michèle Delaunay. Elle craint que le dispositif ne pénalise les professionnels intervenant à domicile, comme les femmes de ménage.

À partir de l’an prochain, le contrôle du stationnement payant sera confié à un délégataire privé.

 

Plastique à la cantine, une décision avant la rentrée

Pas une séance depuis début 2017 sans que les assiettes en plastique à la cantine ne s’invitent dans les débats du Conseil municipal. Alors que Paris et Strasbourg les ont retirées, Bordeaux les a généralisées. La majorité municipale pointe des charges moins lourdes pour les agents. Des parents craignent des perturbateurs endocriniens et réclament, dans le doute, l’application du principe de précaution. Des études sont en cours. “Nous prendrons une décision avant la rentrée”, annonce Alain Juppé.

Laurie Bosdecher

COMMENTAIRES (0)