EcoMégot déploie ses cendriers urbains à la Bastide

Par bordeaux7 le 11 février 2018 à 22:58

Les bornes toutes orange marquent le début de cette nouvelle zone « zéro mégot ». © STEPHANE LARTIGUE / SUD OUEST

EcoMégot déploie une cinquantaine de bornes-cendriers dans le quartier de la Bastide. Cette start-up bordelaise collecte depuis plusieurs mois les mégots des cendriers installés sur la voie publique.

Son objectif est simple : faire de la « belle endormie » la première ville zéro mégot.

L‘endroit est hautement symbolique. « Stalingrad est le deuxième lieu le plus fréquenté de Bordeaux », explique Jérôme Siri, maire adjoint du quartier. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les 200 millions de mégots jetés par terre chaque année à Bordeaux, 250 000 le sont rien que sur la place Stalingrad. Partant de ce constat, EcoMégot, associée à la Ville de Bordeaux et Bordeaux Métropole, a lancé vendredi son opération de dépollution du quartier.

EcoMégot a deux objectifs : collecter, puis recycler ces petits bouts orangés de cigarette. L’association a déployé 28 bornes-cendriers aux différents arrêts de tramway du quartier de la rive droite (Stalingrad, Jardin Botanique, Thiers Benauge, Galin, Jean-Jaurès et gare de Cenon). Le dispositif est complété par une vingtaine d’autres cendriers positionnés dans des zones dites « sensibles » du quartier.

La propreté urbaine écologique…

« Il s’agit des lieux à forte concentration de fumeurs, comme les lycées par exemple » détaille Jean-Baptiste Durand, un des deux agents de sensibilisation de la société. Mais que deviennent ces résidus ? « C’est le grand défi de cette année, répond Mathieu Fosse, responsable logistique de la start-up. Les mégots sont pour le moment stockés. L’objectif à terme est de faire de la valorisation énergétique, mais aussi et surtout, de la valorisation de matière. »

Le mégot est un des déchets les plus toxiques au monde. La jeune société travaille actuellement avec des acteurs de la chimie pour trouver ce qui pourrait être récupéré et valorisé. Une fois cette phase passée, EcoMégot implantera une usine dans la région entièrement dédiée à ce recyclage.

…et solidaire

EcoMégot n’est pas nouveau. Depuis octobre 2017, l’association sillonne les rues bordelaises pour collecter les contenus des 90 cendriers déjà existants en ville. « Plusieurs structures comme CDiscount (Bacalan), Suez Eau (rue Paulin) ou encore Digital Campus (Quai Lawton) possèdent déjà nos bornes-cendriers », détaille Jean-Baptiste Durand. EcoMégot a depuis franchi le cap symbolique des un million de mégots ramassés.

La start-up s’est associée à l’entreprise bordelaise Elise Atlantique pour les collectes éloignées. Cette société travaille en grande majorité avec des personnes en situation de handicap. De la même manière, EcoMégot a souhaité faire appel à « Fil de Faire » pour la fabrication et l’installation de ses bornes. « Fil de Faire » est une PME béglaise de 14 salariés, tous éloignés de l’emploi. « C’est important pour l’économie locale », se félicite Guillaume Labrousse, un des responsables de l’entreprise, à propos du projet. Autant de raisons de « lâcher votre fin » à ces nouvelles petites bornes.  

Sébastien Rouet
www.ecomegot.com

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