Le retard du pont Simone-Veil laisse les deux rives de Bordeaux en état de choc

Par bordeaux7 le 25 juin 2018 à 00:01

Selon Fayat, les travaux préparatoires auraient mis au jour la fragilité du lit du fleuve. © Thierry David / Sud Ouest

« Tous nos projets tombent à l’eau ou vont devoir être repensés. C’est incompréhensible ! Comment en est-on arrivé là ? On ne parle pas d’un petit chantier ! » La réaction de Sophie Gilles, directrice de la Nouvelle Clinique Bordeaux-Tondu à Floirac, résume bien le sentiment général qui prévaut depuis l’annonce jeudi du retard pris par le chantier du pont Simone-Veil.

Alors que son établissement, remplaçant celui de Bordeaux-centre devenu trop étriqué, doit ouvrir à la fin de l’année, « ce retard annoncé est une très mauvaise nouvelle, aussi bien pour les salariés, 300 au moins, que pour les patients », expliquait-elle samedi au quotidien “Sud Ouest”.

Le pont Simone-Veil devait relier Bordeaux, Bègles et Floirac à partir de mai 2020. Aujourd’hui, son ouverture serait repoussée au mieux en mai 2021, au pire en 2023. Fayat, le constructeur de l’ouvrage a cessé les travaux suite à un désaccord avec Bordeaux Métropole. En cause, un risque sur la sécurité en lien avec des difficultés techniques non anticipées – la fragilité du sol sous la Garonne imposerait 24 mois de délai pour renforcer les bâtardeaux où seront coulées les piles de ponts, selon Fayat qui demande une rallonge de 18 millions sur un chantier chiffré à 70, surcoût que « nous ne pouvons accepter », a prévenu Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole. Pour le bureau d’études Egis assistant la Métropole, les protections prévues dans le marché sont suffisantes.

À Floirac, le maire PS Jean-Jacques Puyobrau est catastrophé. Plusieurs programmes de bureaux et d’hôtels sont gelés, et les aménagements transitoires autour de l’Arena pourraient ne pas suffire : « Nous avions deux ans à tenir. Si c’est trois ou cinq ans, ce n’est plus pareil. Il va falloir des moyens supplémentaires. » Et de plaider pour la réouverture aux voitures du pont de pierre.

Ce que le maire EELV de Bègles Clément Rossignol-Puech ne souhaite pas. « Il ne faut pas revenir en arrière », plaide-t-il, même s’il sait sa commune étranglée par les bouchons. Lui mise sur une révision du plan de circulation par Bordeaux Métropole « pour que la circulation de transit soit mieux maîtrisée ».

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