TnBA : en 2017-2018, mission théâtre pour tous

Par bordeaux7 le 18 juin 2017 à 19:36

L’« Arlequin » de Marivaux survolté de Thomas Jolly, « Nicht Schlaffen », ballet total d’Alain Platel le “chouchou” de Marnas, « Dormir 100 ans » à voir dès 8 ans © Nicolas Joubard / Chris Van Der Burght / Pierre Grosbois

Entre théâtre et danse, créations et invitations, le Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine (TnBA) a, il y a quelques jours, levé le voile sur la programmation de sa saison 2017/2018. Pour Catherine Marnas, sa directrice, la mission de la maison reste la même : « ouvrir le théâtre à tous », avec des spectacles engagés et vecteurs d’émotions.

« C’est l’occasion de faire un double bilan », a-t-elle avancé. Celui de son premier mandat au Théâtre, d’abord, mais également celui du 70e anniversaire de la création des CDN (Centres dramatiques nationaux). Si elle se félicite des « 1300 abonnés » que le TnBA a gagnés en l’espace de trois ans et des 96% de remplissage de la salle, elle reconnaît néanmoins que ses équipes et elle ont été « déraisonnables » et « boulimiques » la saison dernière. En cause, un trop grand nombre de « spectacles invités » qui ont pesé lourd sur le budget.

Une prog’ ancrée dans son époque

Cette saison, ce sont donc 23 spectacles qui se joueront sur les planches du TnBA, soit huit de moins qu’au cours de l’année passée. Côté théâtre, la programmation est à l’image des précédentes : pointue et alléchante. Et bien ancrée dans son époque. En témoigne « Pavillon noir », des collectifs Traverse et OS’O, une pièce au concept inédit. S’appuyant sur le modèle des scénaristes de séries TV, chacun des sept auteurs du collectif s’est focalisé sur un des sept personnages de cette pièce à l’enjeu on ne peut plus contemporain : aborder les nouvelles technologies et leurs dérives sans aucun outil technologique. Un thème qui sera également au cœur de « Spartoï », une « pièce mythologique de science-fiction » du Groupe Apache, en coproduction avec le Théâtre.

Juliette Plumecocq-Mech, interprète originaire de Bordeaux à « l’androgynie fascinante », racontera dans « Toute ma vie j’ai fait des choses que je savais pas faire » l’histoire d’un homme dont la vie s’achève dans un bar, sous les coups d’un inconnu. Un monologue signé de la plume de Rémi De Vos et mis en scène par Christophe Rauck, « 50 minutes en déséquilibre total ». Seule, la comédienne Martine Thinières le sera également, dans « Marys’ à minuit », un spectacle créé par la directrice du TnBA.

Laurent Laffargue, quant à lui, livrera dans un « monologue à deux voix », avec Marie-Ange Casta, une partie de son histoire personnelle. Au travers de « Point d’infini », le metteur en scène habitué des lieux cherche à « écrire pour ne plus avoir à penser, mais pour ne pas oublier ». Une pièce hybride, entre poésie, dialogues et musique, qui raconte le deuil, « étape universelle ».

Un style résolument moderne

La programmation théâtrale du TnBA inclut, comme chaque année, des créations adressées au jeune public. Catherine Marnas enfilera sa casquette de metteuse en scène et proposera « 7 d’un coup », une pièce écrite à partir du « Vaillant petit tailleur » des Frères Grimm. Petite mais vaillante elle aussi, Pauline Bureau, récemment récompensée par le Molière du Jeune Public et par le prix du Public et du Jury au Festival Momix pour « Dormir cent ans ». Ce spectacle à la scénographie époustouflante saura séduire petits et grands à partir de 8 ans.

Quant aux amateurs de textes classiques, ils seront happés par les adaptations de « Comme il vous plaira », une comédie dans la pure tradition shakespearienne mise en scène par Christophe Rauck, et « Arlequin poli par l’amour », de Marivaux, dirigé par Thomas Jolly. Le « Lorenzaccio » de Musset, pièce phare de la saison passée, montée par Catherine Marnas, se joue actuellement à Paris.

Côté danse, le TnBA proposera trois spectacles au style résolument moderne. Les « Bacchantes » de Marlene Monteiro Freitas, « chorégraphie à l’énergie dévastatrice », côtoieront le hip-hop de Kader Attou et son « Break à Mozart 1.1 ». Mais lorsqu’elle aborde Alain Platel et son « Nicht Schlafen », vrai spectacle de danse « esthétique et totalement pictural », les mots manquent à la directrice du Théâtre. Lorsqu’un silence vaut mieux que mille mots…

Sarah Choteau

Ouverture des abonnements ce vendredi 23 juin (9-15€ dès 3-4 spectacles), à l’unité (12-25€) dès le 30 août.
La soirée de présentation de saison jeudi 22 affiche complet mais n’
hésitez pas à vous présenter 1/2 heure avant le début pour bénéficier des places libérées à la dernière minute. En outre, un écran géant sera installé dans le hall Vitez pour ceux n’ayant pu entrer.
www.tnba.org

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