Trois concerts à venir à Bordeaux et Cenon : Sinto, futur Pap de la pop ?

Par bordeaux7 le 06 décembre 2017 à 19:20

« Ma musique est urbaine mais elle est aussi soul, r’n’b, afro... Une pop universelle » © Koria

Du rap à la pop urbaine, il n’y avait qu’un pas, allégrement franchi par Sinto Pap. Repéré par Passi, le Bordelais, ancien leader vocal du groupe GBC, sort un généreux EP (11 titres !) et occupe le terrain pour l’occasion : trois concerts d’ici à dimanche !

Il fera les premières parties de Lartiste, ce soir au Rocher de Palmer à Cenon, et de Disiz, dimanche à la Rock School Barbey. Et demain, il est l’invité d’honneur de la soirée des 10 ans de l’asso Urban Vibrations School, à Barbey également. Entretien.

Bel enchaînement pour une sortie d’EP ! Comment avez-vous dégoté toutes ces dates ?

Ce n’est pas vraiment un hasard. Avec ma team, on a beaucoup travaillé l’an dernier, ce qui nous a amené dans le giron d’In Fact, le label musiques urbaines de Warner, dirigé par Passi. Et a encore agrandi mon carnet d’adresses. Et puis, je viens de l’école du rap, je suis un enfant de la Rock School Barbey et de Musiques de Nuit [l’asso porteuse du Rocher de Palmer, ndlr]. Grâce à eux, déjà à l’époque de GBC, on n’avait pas de mal à trouver des premières parties – on en a fait une centaine, même des Américains comme Method Man & Redman ! Là, les grandes dates étaient calées depuis longtemps, et l’invitation d’UVS tombait bien, pile le jour de la sortie de l’EP.

L’EP sort sur votre propre label, Djoozy Music. C’est fini, l’aventure In Fact ?

Oui. Sans conflit, c’est juste que Warner a réduit les “robinets” de ses petits labels, dont In Fact. C’est dommage, Passi cherchait des voix nouvelles et avait eu un coup de cœur pour la maquette que je lui avais envoyée. Trois jours après il me signait ! Mais ce n’est pas grave, on est suffisamment indépendants – ils s’en sont rendu compte chez In Fact, on livrait les morceaux finis à 99%, avec la pochette, le plan comm’ et tout. Alors repartir sur le terrain ne pose pas de problème. L’EP « À l’instinct – Chapitre 1 » est costaud avec sept inédits… Et comme j’habite pour ainsi dire au studio, j’ai 70 morceaux qui attendent. Dont ceux du « Chapitre 2 », déjà prêt, cette fois avec beaucoup de featurings comme H Magnum ou Barack Adama de Sexion d’Assaut.

En parlant de la Sexion, on vous a surnommé le « nouveau Maître Gims ». Comment êtes-vous passé du rap à la pop urbaine ?

Ça a été une évolution logique. Déjà avec GBC on faisait partie des précurseurs du rap chanté, avec du chant sur quasi tous nos refrains. Ça venait du fait que je savais chanter – ma mère était chantre à l’église, ça aide – et que j’avais ce grain de voix particulier. Chez moi, les mélodies des refrains sont toujours venues en premier.

Aujourd’hui j’ai envie d’en jouer, de mettre ma voix bien en avant. Pas juste pour « vivre avec son temps ». Au sein de cette vague, chacun a sa touche, et la mienne est sans doute un peu plus roots, moins ultra-urbaine que les Sexion. Ça reste la même famille mais, avec ma voix, il est difficile d’utiliser des effets genre vocoder/autotune. J’en use, mais moins que d’autres. Ma musique est urbaine mais elle est aussi soul, r’n’b, et afro – je reste très attaché à mes origines gabonaises. Une pop grand public à vocation universelle.

Vous gardez un œil sur la scène bordelaise ?

Bien sûr ! Je vis toujours à Bordeaux. Et j’aime l’énergie de la scène bordelaise actuelle, la scène trap en particulier, très forte. Et j’aime aussi la façon dont ils utilisent des moyens qu’on n’avait pas à l’époque de GBC, les réseaux, Youtube… Demain soir, il y aura Benesao au cours de la soirée, de la très bonne trap. Ça va être une belle soirée, celle des grandes retrouvailles avec Eddy Duterte et toute la team UVS. C’est vraiment la famille, on vient du même quartier, les Aubiers, et l’asso, je l’ai vu naître et grandir. Un beau moment en perspective…

Recueilli par Sébastien Le Jeune

Facebook : Sinto Pap. Résas : www.lerocherdepalmer.fr et www.rockschool-barbey.com

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