160 hectares dédiés à la nature dans la réserve écologique des Barails

Par bordeaux7 le 10 octobre 2018 à 22:26

Le site invite à la promenade lente ou sportive. Des vaches, chevaux ou moutons de race locale y sont régulièrement en pâturage. © ARCHIVES SUD OUEST

Ne les appelez plus Parc floral ou Bois de Bordeaux. Voici la réserve écologique des Barails, immense espace de nature de 160 hectares au nord du territoire bordelais, au-delà du stade et du parc des expositions.

« Les Barails étaient des parcelles de prairies humides entourées de fossés. On retrouve ce nom sur les vieux cadastres », explique Magali Fronzes, adjointe au maire en charge de la nature et des espaces verts. Avant la création du lac de Bordeaux, le nord de la ville était recouvert de ces pâturages humides créés par la main de l’homme pour y pratiquer l’agriculture.

Changement de vocation

Dans les années 70, Jacques Chaban-Delmas y crée le Bois de Bordeaux à partir d’essences nord-américaines. Dans sa continuité, le Parc floral va voir le jour en 1992 à l’issue de la manifestation horticole Les Rosalies. Le site de 28 hectares comprend une roseraie, une pivoineraie, des vignes, un lieu dédié à des collections d’iris et même un secteur ornemental consacré aux villes jumelles de Bordeaux. « Ce parc a été conçu pour mettre en avant les savoir-faire horticoles. Une autre époque. Depuis dix ans, avec la fin de l’utilisation des produits phytosanitaires, le parc a changé de vocation et d’identité », explique Magali Fronzes.

Les prairies humides sont restaurées. Les zones ornementales disparaissent. Vignes et roseraie ont néanmoins été conservées. Un verger de variétés anciennes va voir le jour dans les prochains mois sur 1,5 hectare. Dans le Bois de Bordeaux, de nouvelles variétés locales ont été plantées.

A la faveur de la construction du stade et des ateliers du tram, des mesures compensatoires ont permis de dédier 60 hectares à la nature à proximité de ces équipements. Au nord et à l’est du Bois et du Parc, des prairies humides ont été restaurées. Des races anciennes, comme des moutons landais, des vaches bordelaises ou chèvres des Pyrénées viennent régulièrement y paître. Ces animaux appartiennent au conservatoire des races anciennes d’Aquitaine.

Corridor écologique

« Entre la Garonne et la réserve naturelle de Bruges, nous avons créé un vaste corridor écologique », explique l’élue. Soit 160 hectares, dont la moitié accessibles au public, entièrement dédiés à la nature.

Le jeu en valait la chandelle. Un millier de variétés d’insectes, 118 espèces d’oiseaux et 12 espèces de mammifères ont été recensées sur le site. Cistudes, loutres et musaraignes aquatiques (mais aussi sangliers) y ont élu domicile.  On compte 336 espèces végétales. « Dans cette réserve, la Ville de Bordeaux apporte sa pierre pour lutter contre le réchauffement climatique », insiste Magali Fronzes. La création de cet espace répond à un autre enjeu : mieux faire connaître ce poumon vert aux Bordelais peu nombreux à s’y promener.  

Laurie Bosdecher

Inauguration de la réserve samedi 13 octobre

La réserve écologique des Barails est inaugurée samedi 13 octobre à 11h. Des animations sont proposées au grand public tout au long de la journée : visites de la réserve, activités sportives, ateliers cuisine et anti-gaspi, stands de jardinage écologique, jeux géants, balades en poneys, animations musicales, présentation du futur verger et information sur le pâturage des prairies. On peut accéder à la réserve par la ligne C du tram (arrêt Parc des expositions). Infos sur bordeaux.fr

COMMENTAIRES (0)

FERMER
CLOSE