La bibliothèque Mériadeck, « le tiers-lieu par excellence »

Par bordeaux7 le 19 septembre 2017 à 19:39

Avec les travaux achevés en 2013, la bibliothèque Mériadeck offre une plus grande variété d’espaces encore. Et elle va continuer à évoluer © Archives G. Bonnaud / Sud Ouest

Avec ses 11 niveaux tout de verre vêtus, la bibliothèque centrale de Bordeaux alias bibliothèque Mériadeck est sans conteste l’un des phares culturels du quartier.

Et, forcément, par rapport aux autres bibliothèques du réseau bordelais, c’est le lieu de tous les superlatifs : 8 000 m2 ouverts au public (sur 23 000 en tout), 170 000 livres et magazines en accès direct, 300 000 autres disponibles sur demande, mais aussi 70 000 CD, 20 000 DVD (ou BluRay), 3 000 partitions… Sans oublier son service patrimoine, avec ses 230 000 documents anciens, consultables sur place uniquement. Et une fréquentation conséquente sur ses 47 heures d’ouverture hebdomadaire : 1 500 entrées par jour, quand le reste du réseau en totalise 1 000. Un chiffre qui a grimpé de 20% lors du passage à la gratuité des inscriptions en janvier 2016.

Et pour orienter tout ce monde, pas moins de 100 agents au service du public. Sans compter les 50 autres qui travaillent à Mériadeck pour les services centraux comme l’informatique ou l’administration. « Oui, c’est une grosse machine, confirme en souriant Carole Gasnier, la nouvelle directrice de la lecture publique du lieu entrée en fonction en février dernier. C’est la deuxième plus grande bibliothèque de province après Lyon. »

« Décomplexer les publics »

Sorti de terre en 1991, le bâtiment incluait déjà des équipements qui dépassent le simple emprunt de livres : espace expo, auditorium… Les travaux conduits en 2013 ont permis d’aller encore plus loin dans l’offre au public. « À l’époque déjà, on ne voyait plus les bibliothèques comme des lieux du livre seulement, reprend Carole Gasnier. Elles étaient des “tiers-lieux” par excellence, des lieux culturels et des lieux de vie. Aujourd’hui l’action culturelle est devenue une part aussi importante que les collections. »

Expositions, conférences, rencontres, projections (avec ses fameux Ciné-midis une fois par mois notamment), concerts ou encore les ateliers* mis en place récemment qui remportent un franc succès… Tout vient généralement des équipes, parfois en partenariat avec d’autres structures bordelaises.

Autant d’initiatives destinées, entre autres, à « décomplexer les publics ». « Plus que dans les bibliothèques de quartier, certains sont impressionnés par le lieu. Je pense en particulier aux primo-arrivants, ceux qui ont des difficultés d’expression, ceux qui sont éloignés de la lecture. Et nous portons une attention particulière au public jeune. » Ainsi, pour accueillir des profils aussi divers, des espaces spécifiques ont ouvert au fil du temps : un espace jeunesse, un “loft” avec coussins pour les ados, un espace pour les lecteurs empêchés (malvoyants…) qui vient de s’ouvrir aux “dys” (dyslexiques, dysphasiques…).

Numérique et métropolisation

Signe d’un lieu en constante évolution, la bibliothèque Mériadeck est aujourd’hui en pointe sur le numérique – label à la clé : tablettes partout, espace Le Num’ (encore appelé à s’améliorer ces prochains mois), énorme base de ressources en ligne…

Autre grand chantier à venir, la métropolisation. Laquelle se heurte à plusieurs écueils, dont l’absence de gratuité partout dans l’agglo. Mais déjà une expérience pilote est en cours avec Le Bouscat. Et la Nuit des Bibliothèques, le 14 octobre sur le modèle de ce qui se fait déjà à Lille notamment, pourrait convaincre les politiques d’accélérer le mouvement.

Sébastien Le Jeune

* Programme détaillé sur bibliotheque.bordeaux.fr

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