À Brazza, la Fabrique Pola enfin au bout de la route

Par bordeaux7 le 14 novembre 2017 à 19:40

Pola a récupéré un vaste hangar – 4 000 m2. La tôle graffée côté berge, devant laquelle se tient Blaise Mercier le directeur, fait aujourd’hui place à une façade vitrée. Une partie de l’ensemble est déjà exploitée par les ateliers de fabrication du collectif Zébra3 et l’administration de la Fabrique. © Archives Claude Petit / Sud Ouest

Six, c’est le nombre de fois que la Fabrique Pola a dû changer de lieu en 15 ans d’existence. Avec son installation, pérenne cette fois, dans le hangar Pargade, à deux pas du pont Chaban-Delmas, c’est le dernier déménagement qui se profile au cœur d’un quartier en devenir.

Avec sa tôle blanche, il ne paie pas de mine, le hangar de l’ancienne fabrique de peinture Pargade, au 10, quai de Brazza. Surtout depuis que les travaux ont gommé les traces du graff géant « Brazzartville » qui l’ornait depuis des années. Désormais, la façade Garonne est vitrée sur toute sa longueur – à l’exception de la tranche nord, encore conservée par la Ville pour y stocker du matériel. D’ici quelques mois seulement, le hangar s’apprête à recevoir ses nouveaux habitants, les “résidents” de la Fabrique Pola.

« Ça va très vite, confirme son directeur, Blaise Mercier, un ex du CAPC. On a démarré les travaux cet été, et si tout va bien ils s’achèveront mi-janvier prochain, pour une inauguration en mai. Pour l’instant, le rez-de-chaussée avance bien et la suite, ce sont des modules de bois pour occuper l’étage. Ils sont déjà prêts, et ça se monte comme des Lego® ! »

« Village dans un hangar »

L’idée, c’est de créer de toutes pièces « un village dans un hangar », explique le directeur. Il y aura bien sûr des bureaux et/ou ateliers pour chacune des 19 structures que comprend la fabrique culturelle, plus des espaces de production artistique – certains, ceux de Zebra3, sont déjà en place. Mais cette fois, installation pérenne oblige, le projet dessiné avec les architectes de La Nouvelle Agence (membre de Pola) va plus loin. Les 4 000 m2 seront articulés autour de deux « rues ».

L’une ouvrira sur des ateliers et des espaces de pratique artistique ouverts à tous, en particulier aux habitants du quartier. L’autre comprendra un vaste espace d’exposition (le Polarium) et de rencontres, une boutique, et un espace restauration/cafétéria sur le mode « cantine solidaire ». Sans oublier le jardin, de 600 m2, qui s’inscrira à terme dans le prolongement du parc aux Angéliques.

Objectif, devenir un équipement culturel majeur de la Rive droite. Déjà, l’installation à demeure devrait permettre de rendre plus nets pour le grand public les contours de la “nébuleuse” Pola, un collectif réunissant des structures aussi variées que Zébra3 et Bruit du Frigo (auteurs notamment des Réfuges périurbains dans les parcs de l’agglo), des éditeurs (L’Arbre Vengeur, Cornélius, Les Requins Marteaux, Frémok), l’atelier de sérigraphie L’Insoleuse, Le Labo Photo ou encore le Hacklab de Bordeaux.

Mécaniquement, avec ces immenses locaux, le projet est appelé à évoluer. « Nous allons lancer un appel à candidatures pour de nouvelles structures afin d’enrichir et compléter l’offre de la Fabrique, explique Blaise Mercier. Pour l’instant, nous comptons 80 personnes au total, à terme nous devrions dépasser la centaine. De plus, nous souhaitons devenir un tiers-lieu ressource, à même d’accompagner d’autres structures dans leur implantation sur le territoire bordelais. »

« Vivant, ouvert »

Mais, pour Pola, l’un des éléments essentiels de son arrivée à Pargade est de réussir son inscription dans le quartier, sa « greffe au territoire ». « On arrive au bon moment dans l’histoire de la Rive droite, souligne le directeur. On vient compléter l’offre de Darwin en nous mettant au service de la Benauge et du quartier Brazza à venir. C’est une chance. »

Depuis février, une personne est tout entière dédiée à ce travail de proximité, prenant langue avec les centres sociaux et d’animations, les groupes scolaires, les associations de quartier. Se faire connaître pour créer un début de circulation vers le nouveau lieu. « On est bien placé, on sait qu’on aura beaucoup de visiteurs “extérieurs” pour notre programmation culturelle régulière. Mais ce qu’on cherche, c’est à inviter ceux pour qui un lieu d’art peut être intimidant. On envisage des jeux d’enfants, peut-être un mur d’escalade. Un couscous mensuel peut être un bon moyen de rassembler aussi. Ce qu’on souhaite, c’est en faire un lieu vivant, ouvert en permanence sur le quartier. »        

Sébastien Le Jeune

www.pola.fr et Facebook : Fabrique Pola.

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