Au Bouscat, les Fines Lames du Médoc font revivre notre histoire

Par bordeaux7 le 29 mars 2018 à 00:03

L’association Les Fines Lames du Médoc enseigne l’escrime artistique et de spectacle autour du Moyen Age et du Grand Siècle. © DR

« L’homme de l’avenir est celui qui aura la mémoire la plus longue », a dit un jour un certain Friedrich Nietzsche. Au Bouscat, on semble également lire les ouvrages du philosophe allemand. Isabelle et François Lucak sont les fondateurs des Fines Lames du Médoc. Créée en 2008, cette association enseigne l’escrime artistique et de spectacle autour du Moyen Age et du Grand Siècle. Rencontre avec ces passionnés qui font revivre l’Histoire.

Après seulement deux mois d’escrime, Isabelle Lucak rencontre le maître d’armes et cascadeur Claude Carliez. Un événement qui restera à jamais gravé dans sa mémoire, elle, la petite fille qui adorait se costumer en princesse. Cette mère de famille est désormais à la tête avec son mari d’une association de 35 passionnés d’histoire, âgés de 16 à 64 ans. « L’escrime que nous enseignons n’est pas qu’un sport, explique la responsable. Ce sont des rencontres, mais aussi l’écriture de saynètes que l’on met en scène. »

L’association fait de l’ « évocation » historique, à ne surtout pas confondre avec la « reconstitution ». Les Fines Lames du Médoc ne prétendent pas reproduire au coup et à la couture près un événement historique. « On a envie de se créer son propre personnage », détaille Jean-Marie Lalagüe, 64 ans et membre de l’association depuis six mois. Cet éducateur sportif à la ville du Bouscat est un passionné de la période des Templiers, ces chevaliers chrétiens connus pour avoir accompagnés et protégés les pèlerins pour Jérusalem au cours des XIIe et XIIIe siècles. Il est également membre du GAHBLE, une association qui aide à l’entretien et à la restauration de la forteresse de Blanquefort. « Je suis venu avec mes épées pour apprendre le maniement de l’arme, explique-t-il. De manière plus général, j’ai l’amour du patrimoine, de la pierre et du château. »

Apprendre et transmettre une passion

Les adhérents de l’association s’entraînent deux fois par semaine, de septembre à juin. Les représentations ont lieu d’avril à octobre dans des châteaux, des salles de cinéma ou encore pour des mariages. Leur meilleur souvenir ? Le spectacle réalisé dans le cadre de l’émission « Thalassa » en 2012. Un combat à l’épée sur le ponton d’honneur du port de la Lune face au Bel-Espoir. « C’était en direct, sur un espace restreint, raconte Isabelle Lucak. Nous avions un stress immense mais c’était une expérience juste incroyable. »

Comme Jean-Marie Lalagüe, certain(e)s adhérent(e)s sont entré(e)s dans l’association pour les campements. Ces derniers sont organisés dans le cadre de festivals spécialisés. Les Fines Lames du Médoc ont le leur depuis 2010 : le festival Cap et d’Epée. Chaque premier week-end août, les adeptes de la période médiévale et du Grand Siècle se donnent rendez-vous au château de Vayres. Au programme : représentations, ventes d’objets ou encore tavernes. Une immersion complète où tout le monde vit, le temps de deux jours, comme à l’époque. En dehors des spectacles, Les Fines Lames du Médoc enseigne l’escrime de combat et participe à des tournois à la touche. Muni d’une épée et équipé d’une armure de 30 kg, le combattant a pour objectif de mettre en échec son adversaire. « C’est la partie gérée par mon mari à laquelle j’accroche beaucoup moins ! » rigole Isabelle Lucak. François Lucak est un passionné d’arts martiaux et de la fin du Moyen Âge. Il reprend tous les traités du XIVe et XVe siècle pour coller au mieux aux règles de jeu de l’époque.

Des programmes bien chargés pour la petite association bouscataise, qui évolue dans un milieu encore très confidentiel et exigeant. « Une minute de combat correspond à 200 coups à apprendre par cœur, explique François Lucak. Cela représente environ 50 heures de préparation. » Une détermination qui paye : l’association est vice-championne du monde 2012 dans sa discipline. Elle a par ailleurs formé Jérome Voué, aujourd’hui cascadeur au Puy du Fou. « La plus belle récompense, commente Isabelle Lucak, c’est de voir à chaque représentation les yeux des gens qui pétillent… » Sébastien Rouet

Toutes les infos sur fineslamesdumedoc.fr

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