Avec l’Artothèque de Pessac, l’art se prête à tout, même au prêt

Par bordeaux7 le 27 novembre 2018 à 23:05

La directrice Anne Peltriaux au cœur de l’expo Chourouk Hriech, à voir jusqu'au 16 mars. © SLJ / Bordeaux7

Ne comparez pas trop l’Artothèque de Pessac avec une bibliothèque ou vous aurez droit à un gros froncement de sourcils d’Anne Peltriaux, sa directrice.

Sur le papier, pourtant, une partie du fonctionnement de l’association Les Arts au mur qu’elle a fondée avec une autre ancienne du CAPC, l’administratrice Corinne Veyssières, y ressemble un peu. Pour le grand public en effet, le point le plus original tient dans le fait que chacun, sur inscription, peut choisir une œuvre d’art contemporain dans la collection – dont le fonds s’élève aujourd’hui à 950 œuvres –, la ramener chez soi et en profiter pendant deux mois à la maison… et ainsi de suite. Tout ça pour 50€ d’adhésion à l’année, et 10€ par œuvre empruntée.

« Faire connaître les artistes »

Mais le projet de l’Artothèque de Pessac est beaucoup, beaucoup plus large que ça. L’Artothèque, c’est d’abord un lieu d’art contemporain, tout simplement, qui fête ses 16 ans cette année. Du mardi au samedi, on entre à volonté dans le local bien situé, 2 bis, avenue Eugène-Dulout, à deux pas de la place de la Ve-République, pour profiter de l’expo du moment. Très souvent des réalisations in situ et des œuvres exclusives – ainsi, celle qui a débuté la semaine dernière, les dessins de la Franco-Marocaine Chourouk Hriech en lien avec l’architecture et la Cité Frugès-Le Corbusier.

L’histoire de sa venue à Pessac est emblématique : « J’ai découvert Chourouk il y a quelques années à Paris, détaille Anne Peltriaux. Je me suis rapprochée de la galerie qui la représente pour faire l’acquisition de l’une de ses œuvres. Ensuite, nous lui avons lancé une invitation à venir exposer chez nous. En fait, tout ce que fait l’Artothèque vise à faire connaître les artistes. »

De fait, les œuvres voyagent bien plus que dans les seules habitations particulières de ses près de 200 adhérents. Collectivités, centres sociaux, écoles, collèges et lycées, universités… jusqu’au centre pénitentiaire de Gradignan : les œuvres circulent dans toute l’Aquitaine à raison de 1 500 à 1 600 prêts par an. « En tout, nous travaillons avec plus de 100 partenaires », affirme la directrice.

Et, comme la plupart des structures soutenues par la Ville, l’Artothèque est actrice dans la cité. « Nous travaillons avec tous les quartiers, toutes les écoles. » Sans compter les expos à l’occasion des Vibrations urbaines ou les collaborations avec le cinéma Jean-Eustache pour des ateliers “ArtoCiné” ou des ateliers jeunesse pendant le festival Les Toiles filantes.

« Être à Pessac est un atout, insiste Anne Peltriaux. On s’y sent très soutenus et, comme les gens visitent la ville pour sa cité Frugès classée, il y a une vraie synergie. Pessac fait vraiment partie de notre ADN. » Sébastien Le Jeune

lesartsaumur.jimdo.com

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