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« Laitue, batavia, feuille de chêne : 30 centimes la salade ! C’est imbattable !», assurait dimanche dernier un maraîcher sur le marché de Bassens.
Si le soleil fait le bonheur de la vigne et des viticulteurs ces dernières semaines, les éleveurs et maraîchers de la région sont quant à eux à la peine à cause du manque d’eau. Car la sécheresse qui frappe plus particulièrement la Gironde fragilise de larges pans de son agriculture. « Certains agriculteurs se frottent les mains : les éleveurs doivent acheter d’urgence du fourrage, car le rendement de nos prairies tourne à -30% à -50% cette année », témoigne Jean-Pierre Reynaud, vice-président de la région Aquitaine en charge de l’agriculture, également éleveurs de bovins. « J’ai dû payer 3500€ pour 20 tonnes de fourrage, en espérant qu’en juillet le maïs ait poussé pour prendre le relais. Sinon, il faudra que je me sépare d’une partie du troupeau. A perte ». Car si le maïs est apprécié pour ses qualités nutritionnelles, il est en revanche décriée pour son appétence en eau. « Nous cherchons un dispositif incitatif pour ne plus voir des agriculteurs semer du maïs sur des coteaux secs et pour inciter les éleveurs à diversifier la plantation des parcelles fourragères afin de mieux résister aux sécheresses », déclare un autre conseiller régional, également éleveur, Maryline Beyris.
Des éleveurs déjà sinistrés Avec un printemps encore plus sec que la fameuse année record de 1976, les maraîchers du triangle Bruges-Blanquefort-Eysines attendent anxieusement la fin des réunions quinzomadaires du «comité agriculture sécheresse», mis en place le 24 mai dernier par le Préfet de Région. « Je suis dans mes parcelles 12h par jour pour biner, pailler, arroser matin et soir. Si le préfet limite le pompage dans la jalle, c’est la catastrophe », s’alarme Aurore Sournac, maraîchère à Eysines. « Je ne sais déjà pas combien j’ai perdu avec ces salades et ces fraises qui ne valent plus rien parce qu’elles sont toutes arrivées à maturité en même temps. Et depuis fin mai, je vois que mes plants récoltables cet hiver (des carottes, des choux...) ne supportent plus ce soleil », se lamente cette agricultrice, qui est passée à la vente directe pour permettre à l’exploitation de vivre. « Certains éleveurs sont déjà sinistrés. Pour les fruits et légumes, les rendements sont bas, les prix aussi, mais la situation n’est pas encore désespérée : s’il pleut sérieusement en juin, la ressource en eau sera suffisante pour repartir », souligne Pierre Gaillard, le président du groupement des producteurs aquitains de fruits et légumes. Mardi prochain, le préfet va de nouveau réunir le comité sécheresse avant de décider s’il faut, ou non, limiter le pompage dans les cours d’eau, comme l’an passé.• Karine Ménégo
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