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Ce devait être une simple réunion «bilan/perspectives» faisant suite à la 6e édition du festival Jazz & Wine. Jean-Jacques Quesada, son président, a surpris tout le monde hier matin en annonçant sa décision d’entamer une grève de la faim.
Notamment les quelques partenaires et mécènes du festival assis autour de lui, qui n’avaient pas vraiment prévu de se retrouver au milieu d’une opération règlement de comptes visant la mairie de Bordeaux et l’agence Bordeaux Grands Evénements (BGE). Car Jean-Jacques Quesada n’a pas mâché ses mots, accusant nommément le directeur de BGE, Laurent Maupilé et l’adjoint au tourisme Stephan Delaux (qui est aussi président de BGE) de malhonnêteté et de duperie. Les raisons de sa colère : le partenariat noué en 2010 entre Bordeaux fête le Vin et le festival Jazz in Marciac, qui avait été invité à programmer une soirée jazz dans le cadre des festivités bordelaises. L’alliance semble d’ailleurs avoir donné satisfaction puisqu’elle sera reconduite lors de la prochaine édition de Bordeaux Fête le Vin. «C’est du vol», affirme de son côté Jean-Jacques Quesada, qui revendique la paternité du concept.
Un impayé de 15 000 € ? Petit retour en arrière. Le festival Jazz & Wine, créé par Jean-Jaques Quesada, organise depuis 6 ans des concerts estivaux dans divers châteaux du Bordelais. Avec succès visiblement : Jazz & Wine attire des artistes réputés et affiche quasiment toujours complet. «En 2008, on m’a demandé de travailler à un projet de trois soirées de concerts «jazz & wine» pour la Fête du vin 2010. C’est ce que j’ai fait pendant 18 mois avant d’apprendre indirectement que BGE avait décidé de faire appel à Jazz in Marciac. J’estime qu’on m’a fait un enfant dans le dos, on m’a volé mon travail. Aujourd’hui M. Delaux refuse même de me recevoir et ne répond pas à mes courriers. Je trouve scandaleux qu’un élu utilise l’argent des Bordelais pour faire la promotion d’un festival du Gers », explique Jean-Jacques Quesada, qui réclame 15 000 € en paiement de son travail d’étude de projet.
Maupilé «droit dans ses bottes» «Nous avons effectivement demandé à M. Quesada de nous faire une proposition, répond Laurent Maupilé, seul des deux mis en cause à avoir réagi hier. Mais celle-ci a été rejetée par le conseil d’administration de BGE en mai 2009 car le prix des places était trop élevé. Nous cherchions un co-producteur capable de s’engager financièrement sur cet événement, et ça n’était pas le cas de Jazz & Wine. Nous avons donc travaillé avec Jazz in Marciac sur un tout nouveau projet «Marciac in Bordeaux» qui ne prévoyait plus qu’une soirée de concerts. Il n’y a pas de vol, cela n’a rien à voir, et je me sens parfaitement droit dans mes bottes». Quant aux 15 000 € réclamés, «il n’y a eu aucune contractualisation, ni aucun bon de commande de passé» précise le directeur de BGE, qui se dit prêt à rencontrer Jean-Jacques Quesada. Mais le musicien demande aujourd’hui à être reçu par Alain Juppé, «car un maire doit savoir ce qui se passe dans sa ville. Ce n’est pas la première fois que ce genre de choses se produit et que l’on vole le travail des gens. On ne peut plus cautionner ce type de fonctionnement.» Il y a quelques années, il s’était déjà plaint de s’être fait voler un projet musical associé à l’héritage esclavagiste de Bordeaux.• Sophie Lemaire  |