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Le visage de l’homophobie a encore frappé PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Bordeaux7   
Lundi, 03 Octobre 2011 18:00

Moins de deux semaines après la dernière attaque au Miroir d’eau, une seconde agression homophobe a eu lieu dimanche soir à Bordeaux. Cette fois, la victime a accepté de témoigner à visage découvert.

C’est avec le visage tuméfié et de nombreuses contusions que Nicolas a bien voulu raconter hier dans le local du Girofard (1), l’agression dont il a été victime dimanche soir. Ce jeune Bordelais de 28 ans rentrait chez lui en vélo dans le quartier du jardin public lorsque son voisin, qui arrivait aussi à son domicile, lui est littéralement tombé dessus. «Il s’est jeté sur moi sans échanger un seul mot et m’a roué de coups de poings et de pieds. ça n’en finissait plus, heureusement des voisins en dessous ont fini par sortir pour demander ce qu’il se passait, ce qui a permis d’interrompre mon agresseur, sinon je pense que je ne serai pas là aujourd’hui pour en parler». Prévenue par les voisins, la police arrive rapidement sur les lieux. «Ils ont délogé mon voisin de chez lui avant de lui parler 5 minutes puis de repartir en me disant qu’ils ne pouvaient pas l’interpeller en dehors des heures légales et qu’il fallait que j’aille déposer plainte le lendemain». Choqué, Nicolas se rend à l’hôpital Pellegrin pour se faire soigner. Au final, trois jours d’arrêt de travail et deux jours d’ITT (Incapacité Temporaire Totale). «Résultat, moi j’ai passé une nuit horrible à l’hôpital pendant que mon voisin dormait tranquillement chez lui», explique la victime non sans un profond sentiment d’injustice.

Des antécédents
En effet, Nicolas a déjà signalé à deux reprises aux autorités, les menaces dont il faisait l’objet de la part de son voisin. Il a ainsi déjà déposé une main courante en avril dernier puis une plainte en juin. Mais selon lui, aucune suite n’a été donnée. «A chaque fois il s’agissait d’agressions verbales homophobes et de menaces mais vu la violence des propos je sentais bien que cela pouvait déraper et que mon voisin pouvait passer aux actes». Chose promise, chose due pourrait-on malheureusement dire. De leur côté, les associations LGBT bordelaises et le collectif contre l’homophobie, qui a saisi le chef de la police départementale et le procureur pour obtenir des réponses, voient ça comme «un permis de tabasser». «La plainte déposée en juin dernier ne laisse aucun doute sur le caractère homophobe des propos tenus par ce voisin. Jusqu’où faut-il aller alors pour qu’il y ait une prise de conscience et un sursaut de la police», interroge Matthieu Rouveyre, conseiller municipal PS bordelais et représentant de l’association LGP (Lesbian & Gay Pride Bordeaux) Bordeaux. «Le fait que la procédure ne donne pas de suite confère à l’auteur de l’agression un certificat d’impunité». Pour l’heure, le collectif anti homophobie a fait appel aux services d’un avocat. Quant à Nicolas, il préfère ne plus rentrer chez lui tant que sa sécurité n’est pas garantie. On peut le comprendre.•
Stella Dubourg
(1) Le Girofard est un lieu d’accueil gay et lesbien situé 34 rue Bouquière à Bordeaux.

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