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Ces derniers jours, l’ambiance n’était pas à la fête dans certains wagons des TGV Bordeaux - Paris.
Une cinquantaine d’utilisateurs journaliers, qui vivent en Gironde mais travaillent à Angoulême, ont en effet dû encaisser le choc des nouveaux horaires installés par la SNCF et RFF à partir du 11 décembre. A compter de cette date, ce ne sont plus 7 TGV qui s’arrêteront dans la capitale charentaise le matin, mais seulement 3. Dont un qui arrivera à 12h05. «Je vais devoir me lever à 5h30 du matin au lieu de 6h50, explique Michaël Bonabeau, un Bordelais qui travaille à la cité internationale de la bande dessinée et de l’image. Mais je ne suis pas le plus à plaindre, car pour les habitants de Libourne, la situation est encore plus dramatique.» Ces derniers n’auront en effet qu’une seule solution pour ne pas arriver trop tard au travail à Angoulême : monter dans le train de 6h10. Et s’ils le ratent, celui de 7h12 ne leur permettra pas d’arriver en Charente avant 11h17. «J’ai contacté le Conseil régional d’Aquitaine pour soulever notre problème, indique Michaël Bonabeau, mais on m’a répondu qu’il y avait des dossiers plus urgent à traiter que notre cas, puisque les nouveaux horaires vont tout chambouler.»
«On veut juste aller au travail» Si les habitués du Bordeaux-Angoulême ne se sont pas constitués en association, contrairement à d’autres utilisateurs de lignes régulières, ils n’excluent toutefois pas de passer à l’action si les choses ne bougent pas. «On ne sait pas encore comment, mais on le fera, assure Michaël Bonabeau. Mais nous n’en sommes pas là.» D’autant plus que leur cas pourrait se régler dans les prochaines heures. En effet, le nombre décroissant de TGV faisant escale à Angoulême a fortement irrité les élus charentais. Ceux-ci ont d’ailleurs gelé leur financement pour la Ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux afin de se faire entendre. Avec succès. Lors d’une réunion en fin de semaine dernière avec les hauts responsables régionaux de RFF et de la SNCF, ils ont visiblement pu faire passer leur message. «C’est une réunion très positive. Je crois qu’ils ont entendu nos inquiétudes et nos exigences en ce qui concerne les trains directs vers Paris. On a vraiment besoin qu’ils s’arrêtent ici», a lancé Philippe Lavaud, représentant de la communauté d’agglomération d’Angoulême. De son côté, la SNCF temporise. Elle a récemment précisé que les nouveaux horaires mis à disposition sur internet ne mentionnaient pas tous les TGV qui circuleront à partir du 11 décembre. Des nouvelles qui devraient ravir Michaël Bonabeau et ses camarades de wagon : «On ne demande pas grand chose, juste d’aller au travail...»•
Sébastien Hervier
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