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530 logements du quartier du Grand Parc à Bordeaux vont être réhabilités de manière inédite, grâce à une extension par l’extérieur et à la création de jardins d’hiver.
Conçu dans les années 50, sur une superficie de 60 ha, le quartier du Grand Parc compte 4000 logements et abrite environ 10 000 habitants au nord de Bordeaux. Constituées pour l’essentiel de barres et de tours de plus de 10 étages, les formes urbaines de ce quartier apparaissent aujourd’hui comme datées et vieillissantes et font souvent l’objet d’a priori négatifs. Afin de redorer cette image et d’amorcer une regénération progressive de ce quartier, le bailleur social Aquitanis, qui gère à ce jour 2318 logements au Grand Parc, a décidé d’engager la réhabilitation des 530 logements des résidences Gounod, Haendel et Ingres. Une vaste opération qui concernera deux barres (R+15) de 225 logements et une autre plus petite (R+10) de 80 logements, situés entre l’avenue Emile Counord et la place de l’Europe. Cette réhabilitation est exceptionnelle à plus d’un titre, de par le nombre de logements concernés d’abord, l’ampleur du chantier et l’ambition affichée par Aquitanis. Il s’agit en effet «d’offrir aux habitants de la surface supplémentaire, quasiment une pièce supplémentaire», explique Pierre Bambou, chargé de communication du bailleur social.
Création de jardins d’hiver Ainsi, l’idée est de réaliser des espaces extérieurs privatifs pour chacun des logements, sorte de terrasses sans marche d’une vingtaine de mètres carrés chacune. « Tous les logements seront prolongés par des jardins d’hiver et des balcons qui permettront aux habitants de profiter de la magnifique vue extérieure sur la ville». Au-delà de l’amélioration du cadre de vie, ces extensions qui seront réalisées du côté de la façade sud grâce à la construction d’une charpente métallique extérieure, permettront aux habitants de gagner en qualité phonique, en isolation et en luminosité et donc de faire évoluer la performance énergétique globale des bâtiments. Une intervention ambitieuse et techniquement complexe, que l’on doit aux architectes Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, déjà présents sur l’opération 50 000 logements pour la Cub, et qui a déjà été testée sur deux autres sites en France, à Paris et à Saint-Nazaire. En parallèle, d’autres interventions ont été programmées : agrandissement des salles d’eau, création d’ascenseurs extérieurs et réalisation d’une dizaine de T6 et d’une dizaine de T5 en duplex au dernier niveau. En attendant les travaux qui devraient démarrer mi-2012 pour 20 à 30 mois, des réunions de présentation vont être planifiées avec les habitants. L’occasion de leur annoncer qu’ils n’auront pas à déménager. «L’intervention par l’extérieur permettra de conserver les locataires chez eux pendant les travaux». Le coût de l’opération est estimé à 28 M€, financé par un prêt d’Aquitanis de 21,6 M€, par l’apport de 3,2 M€ de fonds propres du bailleur social et par une subvention de la Cub de 3,2 M€. Un soutien financier de la collectivité qui n’est qu’un premier pas puisqu’il s’inscrit dans le cadre de la convention de programmation signée avec Aquitanis pour la construction de nouveaux logements (850 logements chaque année) et la réhabilitation du patrimoine existant (2300 logements jusqu’en 2017).• Stella Dubourg  |