Home Bordeaux Actu Les élus PS et Verts ne perdent pas de terrain
Les élus PS et Verts ne perdent pas de terrain PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Bordeaux7   
Dimanche, 23 Octobre 2011 18:23

Une chose est sûre, il va y avoir du sport aujourd’hui à l’occasion du débat sur le nouveau stade en conseil municipal de Bordeaux.

 

Le match promet d’être animé entre la majorité municipale et les élus d’opposition. Au centre du terrain, cinq délibérations concernant le projet de nouveau stade à Bordeaux, bilan de la concertation préalable, réalisation, contrats de partenariat et convention d’occupation et de mise à disposition de l’équipement au club des Girondins. Mais les élus Verts et PS n’ont pas attendu le coup de sifflet d’Alain Juppé pour ouvrir les hostilités. Dès vendredi matin, les deux groupes politiques bordelais ont fait leur entrée sur le terrain et se sont attaqués au dossier lors de deux conférences de presse organisées à la même heure !

Quatre défauts majeurs
Dans le camp des Verts, les attaques fusent. « Ce nouveau stade comporte quatre défauts majeurs, c’est un projet d’avant crise, non prioritaire pour les Bordelais, démesuré et inutile », s’insurge Pierre Hurmic. Tout d’abord d’avant crise. L’élu Vert explique que ce projet vise à répondre aux exigences « démesurées » de l’UEFA et que d’autres villes comme Nantes, Rennes ou Strasbourg ont refusé de telles dérives budgétaires. « Investir autant d’argent public dans un équipement dédié aux loisirs est démentiel surtout dans la période de crise que nous traversons ». Autre argument, un projet « non prioritaire » pour les bordelais. S’appuyant sur le dernier baromètre IFOP de la Cub, Pierre Hurmic assure que ce projet ne récolte pas l’adhésion des bordelais. « Certes, le nouveau stade arrive 1er en terme de notoriété et ce n’est pas étonnant compte tenu de la propagande déployée autour, mais dès que l’on sonde l’adhésion des habitants, le projet arrive à la 19e et avant-dernière place, preuve qu’il est loin d’être une priorité ». Les Verts s’attaquent également à la capacité du futur stade, 42 000 places. « Selon la municipalité, une telle jauge sera nécessaire dans une agglomération bientôt millionnaire. Mais cet argument est mensonger ! ». Pour preuve selon eux, la fréquentation actuelle du stade Chaban Delmas. « Avec une agglomération de 720 000 habitants, la fréquentation est de 22 000 spectateurs par match. En reprenant ce ratio dans une agglo d’un million d’habitants, on arrive à une fréquentation de 30 000 personnes, et pas 42 000, parfaitement compatible avec le stade Chaban Delmas ». Un argument qui pourrait être balayé d’un revers par la majorité municipale, car rien ne prouve en effet qu’un nouveau stade moderne et confortable ne boosterait pas la fréquentation comme cela s’est passé notamment en Allemagne. Enfin, les Verts assurent que ce nouvel équipement est « inutile ». « Il est prévu d’utiliser ce nouveau stade 25 jours par an pour le football et 10 jours pour d’autres manifestations, soit 35 jours pour un tel prix, ce qui est inacceptable ». Et toujours selon Pierre Hurmic, les dix autres jours ne concerneront pas le rugby « car la jauge est trop importante et que le stade de Bègles va être rénové », ni les manifestations culturelles « puisque la salle de spectacle Arena ouvrira en 2013 ». « Ce stade sera donc la plupart du temps inoccupé ! », conclut le chef de file des Verts qui votera contre ce dossier, aujourd’hui, avec son groupe.

Le montage financier
Dans le camp socialiste, les griefs contre le projet de nouveau stade portent surtout sur le partenariat public privé proposé et le montage financier. « Au bout de 30 ans, ce stade coûtera finalement 467 M€ tout compris, investissement et fonctionnement », précise l’élu PS bordelais Matthieu Rouveyre, qui n’est pas contre la construction d’un équipement sportif de grande envergure à condition qu’il ne soit pas financé par de l’argent public. « Soit un total de 125 M€ rien que pour la ville de Bordeaux », ajoute Pierre Hurmic qui a fait lui aussi les calculs de son côté. « Sur un coût de construction de 183 M€ en valeur 2015, la facture est réglée en partie par un versement du club des Girondins (20 M€) et surtout par une subvention de 75 M€ d’argent public (17 M€ pour la ville, 15 M€ pour la Cub, 15 pour la Région et 28 pour l’état). Mais au delà, les Verts s’inquiètent des coûts de fonctionnement et de maintenance et surtout des garanties qui vont avec. « Le club paiera une redevance de 3,85 M€ en moyenne par an à la ville qui paiera à son tour 3,6 M€ à Vinci chaque année ». Et pour s’assurer que le club paiera bien la note, la ville a obtenu une garantie de M6, sorte de caution de l’actionnaire principal du club. « Une garantie qui n’a aucune valeur juridique », déplore Matthieu Rouveyre. « Il s’agit d’un marché de dupes. Les documents en notre possession témoignent que le grand stade représente un risque insensé pour la ville de Bordeaux pouvant se traduire par un gouffre financier », assure Jacques Respaud, chef de file du PS bordelais. En effet, « que se passera-il si M6 se retire ? », interroge Pierre Hurmic « Il faudra que la ville obtienne cette garantie du nouvel actionnaire pour libérer M6 de sa caution. Notre crainte est que ce nouvel actionnaire soit moins solvable et que la ville de Bordeaux se retrouve en première ligne pour payer le loyer ». Au final, indique Matthieu Rouveyre, « la part de risque supportée par le privé sur l’ensemble du contrat est de 7,5 %, tout le reste est supporté par la collectivité ». •
Stella Dubourg

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Mise à jour le Dimanche, 23 Octobre 2011 21:12