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Sans surprise, les débats sur le nouveau stade et les orientations budgétaires pour 2012 ont constitué les deux gros morceaux du conseil municipal de Bordeaux hier.
Afin de contrer les nombreuses attaques des Verts et du PS sur le projet de nouveau stade à Bordeaux (lire notre édition d’hier), portant notamment sur le coût engendré par un tel équipement, le maire Alain Juppé avait bien ficelé sa défense. «Ce qu’il faut retenir c’est que nous restons dans l’enveloppe financière définie au départ pour la conception et la construction du stade. J’avais parlé de 165 M€, on est à 183 M€ valeur 2015, soit un peu moins de 160 M€ valeur 2010». En outre, Alain Juppé a souligné que les financements attendus (Etat, Cub, Région, Ville et Club) étaient au rendez-vous. «Le club va investir au total 135 M€ sur 30 ans et la charge nette pour la ville sera de 3,6 M€ par an. Mais si on déduit de cette somme ce qu’il aurait fallu investir pour rénover et entretenir Chaban Delmas ainsi que la subvention annuelle versée au club des Girondins, le surcoût pour la ville n’est que de 1,5 M€ par an, ce qui est très raisonnable pour un tel équipement et très en deçà de ce que dépensent d’autres villes comme Lille (11M€)».
Un recours du PS contre le projet Autre point noir du dossier soulevé par l’opposition, la «garantie» apportée par le club des Girondins et son actionnaire principal M6, en cas de non-paiement du loyer. Pour le PS, qui qualifie ce projet «d’opaque» et de «nocif pour les finances publiques», «ce document n’a aucune valeur juridique». «Vous avez été incapable d’exiger du club des garanties suffisantes pour mettre la ville et les contribuables bordelais à l’abri», martèle Matthieu Rouveyre. «La lettre d’intention qui a été signée constitue un engagement juridiquement valable et contraignant pour celui qui la délivre ou celui qui s’y substitue», a rétorqué serein Alain Juppé. Pas de quoi calmer le camp socialiste qui a décortiqué le contrat pour y trouver des inégalités et annoncé qu’il formerait un recours contre ce projet dans les jours à venir. «75% des Girondins sont hostiles à la construction de ce stade. Nous ferons donc ce qui est en notre maigre pouvoir pour faire échec à cette injuste et infondée contribution publique», ajoute l’élu PS. Un chiffre tout à fait différent du côté de la majorité : «63% des habitants de la Gironde sont favorables» à ce projet, selon un sondage IFOP réalisé pour Sud Ouest et à paraître aujourd’hui. Si on ne sait plus où donner de la tête en matière de chiffres, c’est aussi un peu le cas dans les échanges sur les orientations budgétaires. A chacun son échelle de valeur sur la pression fiscale. «Dans un climat national et international incertain et préoccupant, nous espérons pouvoir présenter en décembre un budget faisant état d’une stabilité de la pression fiscale tout en poursuivant une politique d’investissement soutenue», indique Alain Juppé. «Dans un contexte de désengagement de l’Etat, les dépenses, vous ne savez pas comment vous allez les financer. La seule solution sera d’augmenter les impôts et les différents tarifs des services municipaux», assure Jacques Respaud, chef de file du PS. «Nous vous demandons donc de revoir vos priorités et notamment le grand stade et le centre culturel du vin, qui peuvent attendre des jours meilleurs pour être supportés par les bordelais».• Stella Dubourg
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