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Une nouvelle promo aux fourneaux PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Bordeaux7   
Mercredi, 26 Octobre 2011 08:55

Ils n’ont pas l’ambition de devenir chefs, juste envie de gagner leur vie en faisant à manger.

Leur horizon ? Pas la « grande » cuisine, mais des petits plats bien préparés avec des produits de saison, autant que possible locaux ou bio. Sept nouveaux stagiaires ont fait leur rentrée, la semaine dernière, à l’Atelier de cuisine nomade de Blanquefort qui vient de se voir attribuer une nouvelle récompense, le Prix de l’innovation sociale locale, deux ans après sa création. Imaginée par le célèbre chef Thierry Marx avec le maire de Blanquefort, Vincent Feltesse, cette formation rémunérée et qualifiante permet à des demandeurs d’emploi porteurs d’un projet sérieux d’apprendre, en cinq mois, à créer et gérer une entreprise de restauration rapide. Les profils sont variés : Najia, 43 ans, est mère au foyer, Cédric, 56 ans, ne trouve plus de travail en tant qu’enseignant spécialisé, David, 33 ans, et Ingrid, 39 ans, ont quitté le secteur de l’habillement où ils ne s’épanouissaient plus… Leurs points communs : une vraie passion pour la cuisine et la volonté de devenir leur « propre patron ». Pour cela, il faudra d’abord retourner à l’école. La partie pratique de la formation se déroule au lycée hôtelier Saint-Michel que les stagiaires ont découvert, mercredi dernier, avec enthousiasme. « C’est amusant de côtoyer des jeunes dans une cour de lycée», constate Martine, 44 ans, « mais j’ai l’habitude, mes enfants ont le même âge ! ». Najia est un peu inquiète en entendant parler d’ordinateur, elle ne sait pas trop s’en servir : « il va falloir que je me mette à niveau.»

Une place entre le hamburger et le jambon-beurre
Ingrid reconnaît que « ça fait un peu bizarre de retrouver cet environnement scolaire », mais elle sait pourquoi elle est là, elle s’adaptera. Avec son ami David, elle envisage d’ouvrir un restaurant à Mérignac, « à mi-chemin entre le fast-food et la brasserie. » Ils sont « motivés, complémentaires » et savent « gérer le rush ». Cédric, lui, veut s’installer à Bègles et se spécialiser dans les tartines. Il imagine déjà une recette à base de l’ingrédient-phare local, la morue, donnant l’eau à la bouche de Danielle, une autre stagiaire qui évoque ses origines antillaises. Cuisine nomade, cuisine du monde : de nombreux projets font en effet la part belle aux spécialités venues d’ailleurs, comme en témoignent d’anciens stagiaires qui ont monté leur affaire et proposent aujourd’hui des tajines, riz cantonnais et autres bruschettas. Quant aux nouveaux, ils pourront bientôt expérimenter leur futur métier in vivo, dans le restaurant d’application créé spécialement pour eux à Blanquefort. Sous la houlette du chef Alain Humbert, on y sert, chaque midi, plus de cinquante couverts « à une clientèle qui veut se nourrir sainement, rapidement et pour le prix d’un ticket restaurant », résume le formateur. « Il faut s’adapter à un budget serré sans négliger la qualité. » Tout un art. Ou plutôt, tout un métier. • Anne Chaput
Rens : CCAS de Blanquefort : 05 56 57 48 50

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