Home Bordeaux Actu La "belle oubliée" veut retrouver sa place
La "belle oubliée" veut retrouver sa place PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Bordeaux7   
Lundi, 21 Novembre 2011 22:11

«La place Gambetta quand on lève les yeux c’est splendide mais quand on les baisse, c’est sordide». François Diard, le président de «SOS Gambetta», l’association  des riverains de la place Gambetta, ne mâche pas ses mots.

«La place Gambetta est un site architectural unique mais rien n’a été fait pour elle depuis plus de 25 ans à part le remplacement des potelés en pierre par des potelés en métal ! La place se dégrade et on se sent abandonnés». Un sentiment partagé par les associations des commerçants de la place et des usagers des transports en commun qui montrent du doigt Kéolis, le délégataire en charge des transports sur la Cub. «Depuis l’arrivée de Kéolis, la place Gambetta est devenue un pôle d’échanges avec 21 lignes de bus qui passent par là, ce qui représente entre 130 et 150 bus par heure, plus de 1000 bus par jour et 16 000 voyageurs au quotidien». Un transfert de population qui s’est effectué sans qu’aucun aménagement spécifique n’ait été réalisé sur la place, et qui commence à sérieusement poser problème à en croire les représentants associatifs.

Les inconvénients sans les avantages
«Les trottoirs sont en très mauvais état, la signalisation est quasi inexistante et il n’y a pas d’abribus pour les voyageurs, qui du coup, les jours de pluie, se réfugient sur les pas de porte des commerçants de la place», souligne Christian Broucaret, président de l’association des usagers des transports d’Aquitaine (FNAUT). «La valeur de nos immeubles baisse considérablement à cause d’un environnement global qui se dégrade alors que Gambetta est l’un de lieux les plus élevés au m2 en matière de taxes foncières», ajoute Michel Garrigue, président de l’association des commerçants de Gambetta. Des problèmes et des nuisances que les associations ont décidé de prendre à bras le corps en proposant à la mairie, la Cub et Kéolis un plan d’actions en deux étapes. Le premier volet, réalisable à court terme, permettrait d’aider d’urgence les commerçants de la place, en apportant « beaucoup de solutions pour peu de frais». «Aujourd’hui les trottoirs sont engorgés alors que l’îlot central de la place est vide. Nous proposons donc d’inverser le sens de circulation des bus de manière à ce que les voyageurs descendent sur le noyau central», explique Michel Garrigue. Les commerçants gagneraient en visibilité, les trottoirs seraient plus dégagés et les usagers des bus bénéficieraient de plus d’espace, de sécurité et de confort. «Il y a des bancs sur l’îlot central et il est possible d’y installer des abribus qui se fondraient dans la verdure». Une solution qui pour l’heure est à l’étude, mais qui ne semble pas déplaire à la mairie. Quant à la Cub, compétente en matière de transport et de voirie, elle aurait un autre projet en tête, un projet qualifié de «titanesque» et de «beaucoup plus lourd à mettre en oeuvre» par les associations. Parallèlement, à plus long terme, les associations souhaitent que la rénovation de la place Gambetta soit rattachée au plan de réaménagement des cours de Verdun et Clémenceau à l’horizon 2014, dans le cadre de l’arrivée de la ligne D du tram. «Nous voulons retrouver notre cadre de vie», conclut François Diard.•   Stella Dubourg

Share/Save/Bookmark