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Les communes (aussi) manquent de liquide PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 26 Mars 2012 23:10

Les particuliers ne sont pas les seuls à avoir des relations compliquées avec leur banquier. Par les temps qui courent, être une commune, même fort peu endettée, ne vous met pas à l’abri de grosses déconvenues.

Comme d’autres, Pessac en a fait l’amère expérience.  «Nous avons prévu pour 2012 un certain nombre d’investissements pour lesquels nous souhaitions avoir partiellement recours à l’emprunt», explique le maire Jean-Jacques Benoît (PS), qui a publiquement tiré la sonnette d’alarme lors du dernier conseil de CUB. «Nous avons une excellente situation financière, explique-t-il, puisque nous sommes parmi les communes les moins endettées de France. Mais malgré cela, nous ne trouvons pas de banque qui accepte de nous prêter l’argent dont nous avons besoin. Au point que certains gros projets, comme la construction de notre grande salle «sport événement», doivent être retardés». Dans la commune voisine, Talence, les difficultés se font aussi sentir. «Nous avons du mal à trouver les financements dont nous avons besoin pour notre trésorerie, confirmait il y a peu le maire Alain Cazabonne (Modem). Nous avons sollicité cinq banques, aucune n’a seulement répondu à notre demande. Nous en sommes à la troisième relance.»

Frilosité des banques privées
Cette situation tendue est la conséquence directe de la faillite de la banque Dexia, qui était la banque des collectivités locales en France. Une nouvelle banque spécifique, créée par la Caisse des Dépôts et la Banque Postale, doit voir le jour courant 2012 pour prendre la suite. Mais en attendant, les communes doivent se tourner vers les banques privées. «On aurait pu attendre d’elles, qui ont été soutenues par l’Etat lors de la crise financière, qu’elles soutiennent à leur tour l’investissement local, estime Jean-Jacques Benoît. Mais elles ne prêtent pas : elles recapitalisent !» Face à l’inquiétude et la colère montante des élus, le préfet de Gironde a annoncé en fin de semaine dernière l’ouverture d’un nouveau «guichet» à destination des collectivités. Après une première enveloppe financière débloquée en 2011 mais insuffisante pour répondre à tous les besoins, l’Etat va débloquer 2 milliards d’euros (financés par la Caisse des dépôts et le secteur bancaire) à leur intention dès le premier avril. Des liquidités indispensables pour les aider à faire la soudure avant la naissance d’une nouvelle banque qui soit un peu mieux disposée que les banques privées.• SL

 
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