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Crédits à la consommation : L'UFC-Que Choisir teste les magasins girondins PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 24 Avril 2012 23:31

«Faisant fi de la loi, les lieux de vente restent les supermarchés du crédit renouvelable». C’est la conclusion sans nuances de l’enquête menée par l’UFC-Que Choisir de Gironde sur le thème du crédit à la consommation.

L’association de consommateurs a voulu faire un bilan concret, sur le terrain, de la mise en application de la loi Lagarde votée il y a un an. Destinée à freiner la tendance au surendettement des ménages français, cette loi contenait toute une série de mesures pour encadrer le crédit à la consommation. Notamment les fameux crédits renouvelables (ou «revolving») proposés par de nombreuses enseignes, qui consistent à mettre à disposition des emprunteurs - sans trop savoir quelle est leur situation financière - des sommes placées sur un compte et utilisables à tout moment pour faire les achats de leur choix, moyennant un taux d’intérêt généralement élevé. Pour limiter cette incitation à la consommation, la loi Lagarde rend obligatoire une vérification de la solvabilité de l’emprunteur à partir de 1 000€ de crédit, la proposition d’une offre alternative au crédit renouvelable et une meilleure information des consommateurs sur les caractéristiques du crédit.

Le renouvelable s’impose
Un an plus tard, qu’en est-il dans les magasins de Gironde ? En début d’année, l’UFC-Que choisir a testé six lieux de vente du département. Avec à chaque fois le même scénario : la demande d’un crédit de 1 000€ ou plus pour l’achat d’un ou plusieurs articles. Premier constat, explique l’association, «50% des propositions de crédit renouvelable ne font l’objet d’aucune offre alternative de crédit amortissable». Et quand ce type de crédit plus classique est proposé, ou bien un crédit «gratuit» (du type «payez en trois fois sans frais»), «pour pouvoir le souscrire les consommateurs doivent s’équiper de la carte du magasin à laquelle est associé, dans quasiment 100 % des cas, un crédit renouvelable», poursuit le compte rendu de l’UFC. Au final, tous crédits confondus, 80 % des clients repartiraient donc équipés d’un crédit renouvelable.

«Crédit en libre service»
L’association déplore surtout le manque de vérifications opérées par les magasins sur la solvabilité de l’emprunteur. Si la situation professionnelle est demandée dans 75 % des cas, la solvabilité n’est guère vérifiée et l’UFC dit avoir constaté une absence totale de vérification pour la souscription des «cartes confuses» (c’est à dire les cartes qui sont à la fois de fidélité et de crédit). Pour l’association de consommateurs, la loi Lagarde, qui allait pourtant dans le bon sens, pêche par son application trop limitée et fait aujourd’hui figure de «tigre de papier». Elle fait donc savoir qu’elle entend saisir la DDPP (direction départementale de la protection des populations) pour qu’elle accentue ses contrôles. Plus encore, elle compte intervenir auprès des parlementaires du département pour qu’ils durcissent encore plus la loi Lagarde. Elle réclame ainsi l’interdiction de la vente de crédit renouvelable sur le lieu de vente, la séparation entre carte de fidélité et carte de crédit, la vérification réelle de la solvabilité dès 1€ emprunté et l’obligation de fournir des pièces justificatives au delà de 1 000€.•

 
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