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Il n’est pas candidat, mais s’implique quand même dans la campagne de celui qu’il a désigné pour aller à la bataille à sa place. Alain Juppé est venu hier soir apporter son soutien à Nicolas Florian, qui inaugurait sa permanence. L’événement tenait lieu de lancement officiel de campagne pour le candidat de l’UMP sur la deuxième circonscription.
L’occasion aussi de reprendre la main après une semaine dernière rythmée par les actualités du camp d’en face. Désigné le 7 mai par Alain Juppé pour tenter de tenir tête à la députée PS sortante Michèle Delaunay sur une circonscription où la gauche a réalisé un très bon score aux présidentielles, Nicolas Florian se retrouve deux semaines plus tard opposé à une ministre associée au président de la CUB Vincent Feltesse dans un ticket de dernière minute (notre édition d’hier). Bref, les affaires ont pris une toute autre tournure et le secrétaire départemental de l’UMP, rodé en politique mais peu connu du grand public à Bordeaux centre, est désormais celui à qu’il revient de faire chuter une ministre et d’empêcher Vincent Feltesse de poser des jalons à Bordeaux. «Je mesure depuis quelques jours le poids des responsabilités dans cette campagne», reconnaissait d’ailleurs hier Nicolas Florian.
Une «nouvelle génération d’élus» Conscient de faire figure de challenger, il a décidé de prendre le contrepied de la stratégie PS. Face à un duo très politique, il a choisi comme suppléante Maribel Bernard, 45 ans. Non encartée, même pas vraiment militante active jusqu’ici, la présidente du comité bordelais de l’association Les Blouses Roses fait ses premiers pas en politique. « Là où le PS fait de la stratégie et utilise des recettes qui existent depuis 20 ans, nous voulons promouvoir une nouvelle génération d’élus qui se consacrent à 100% à leur mandat», explique Nicolas Florian.
« Il veut tout » Non cumul, renouvellement... les arguments autrefois utilisés par Michèle Delaunay face à Alain Juppé sont aujourd’hui utilisés contre elle. Le PS «présente à la députation une candidate qui n’ira pas siéger à l’Assemblée nationale et qui sera immédiatement remplacée par Vincent Feltesse», a déclaré hier soir Alain Juppé. «J’avais fait ça en 2007, j’avais eu tort. J’étais ministre, je m’étais présenté aussi à la députation, les Bordelais ne l’avaient pas compris, ils s’étaient dit «il veut tout». Ils m’avaient sanctionné. Et je pense qu’ils feront la même chose avec Mme Delaunay». «En 2007, elle disait que l’accord entre Alain Juppé et Hugues Martin était du «trafic de postes», se souvient Nicolas Florian. Je ne pensais donc pas qu’elle maintiendrait sa candidature.» Le candidat UMP n’est pas tendre non plus avec Vincent Feltesse, chez qui il voit de «l’arrogance» et une volonté de concentrer les pouvoirs. «Moi si je suis élu, je démissionnerai de tous mes autres mandats sans attendre que soit votée la loi sur le non-cumul. Et lui, qui est maire de Blanquefort et président de la CUB, que fera t-il ?» demande le conseiller municipal de Villenave d’Ornon. «Je ne suis pas là pour faire une candidature de témoignage, je suis là pour gagner. Je ne fais pas non plus du tourisme électoral : mon engagement sur cette circonscription s’inscrit dans la durée.» Les membres de la droite bordelaise doivent-ils en prendre note pour les prochaines municipales ? «J’ai dit que je me consacrerai à un seul mandat, répond Nicolas Florian. Donc si je suis élu député, ça règlera le problème !» Y’a plus qu’à... • Sophie Lemaire
photo AFP / JP Muller |