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Rive droite : les voies de la discorde entre RFF et des riverains PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 22 Mai 2012 00:38

Les discussions sont au point mort entre Réseau Ferré de France (RFF) et des propriétaires de la rive droite, directement concernés par le développement ferroviaire bordelais.

«Nous sommes face à un mur», regrette Claude Boyer le président de l’association «SOS nuisances 4 voies ferrées» qui, avec d’autres associations locales, assure la défense des intérêts de ces riverains qui ne savent plus par quel bout prendre l’affaire. L’association pointe à l’heure actuelle «deux gros soucis d’expropriation». Le premier cas concerne la famille Caravera à Cenon et le second, celui de Marie-Claire Benessis à Lormont.

198 000 €, un montant suffisant ?

Au creux de l'impasse de Damas à Cenon, la maison de la famille Caravera est située aux premières loges pour assister au doublement des voies de chemin de fer. Dans un premier temps, Réseau Ferré de France n'avait pas jugé bon d'exproprier cette famille, l’habitation n’étant pas directement impactée par les travaux. Alors quand, après de nombreux échanges avec les associations pour démontrer les nuisances réelles à venir, la procédure d’expropriation fut acceptée par RFF en fin d’année dernière, ce fut le soulagement. Au final, un répit seulement. «Leur proposition d’indemnisation, c’est vraiment le minimum», lance, amer, Manuel Caravera. Formulée par RFF, la première émargeait à 176 000€. Après une nouvelle étude, l’indemnisation atteint 198 000 € (hors frais de notaire). Une somme jugée toujours insuffisante par le couple Caravera et les associations qui les accompagnent. «Avec cette somme on ne trouve que des maisons avec des gros travaux de rénovation (...) Je veux simplement avoir la possibilité d’avoir quelque chose de potable», glisse Manuel Caravera, qui estime «entre 220 et 230 000€» le montant nécessaire pour retrouver un logement dans des conditions quasi similaires. En attendant, «le moral en prend un coup». «Mais une habitation de 80 m2 à 198 000€, ça se trouve sur Cenon», rétorque Mathieu Barsacq, chef de projet suppression du bouchon ferroviaire de Bordeaux. Pour lui, la dernière offre de RFF est «tout à fait recevable (...) Cette maison vaut le prix qu’on leur donne. Il faut qu’ils continuent de visiter des biens, il y a toujours une marge de négociation». On l’aura compris, RFF n’entend pas pour l’heure réévaluer son offre. «On est au bout de ce que l’on peut faire».

«Zéro marge de manoeuvre»
Pour Marie-Claire Benessis, habitante d’une maison rue de Sourbès à Lormont, le problème ne vient pas du bouchon ferroviaire mais de sa conséquence indirecte : l’augmentation à venir du trafic sur la ligne Bordeaux-Nantes dont les voies passent à quelques mètres seulement de sa maison. D’une quarantaine de trains par jour actuellement, le trafic passera à une centaine à l’horizon 2020 selon RFF. Et sûrement plus au-delà. La société a donc prévu d’installer un mur anti-bruit de 3,50 mètres de hauteur tout au long de son terrain. La solution proposée convient peu à cette retraitée dont la fenêtre du séjour doit être située, à vol d’oiseau, à une petite dizaine de mètres de la future construction. «ça va être invivable. J’ai encore de la vue mais ça ne va pas durer», se désole-t-elle. Et si le mur proposé comprend une partie haute (environ 2 mètres) vitrée, cette solution est jugée inadaptée. «ça sera un aquarium géant, tonne Claude Boyer. Et puis on a vu ce que ça a donné à Cenon où des murs ont été complètement tagués». Du côté de RFF, on assure que Marie-Claire Benessis aura «la même vue qu’aujourd’hui», le bruit en moins. Il glisse, comme preuve de bonne foi, que «quand un voisin érige un mur, il se pose sûrement moins de questions que RFF». Pas du goût de la propriétaire qui éprouve de la «lassitude». «Dire qu’en 1978 lorsque j’ai acheté la maison, on m’avait dit que le trafic allait baisser. J’ai sans doute été trop naïve.» Tellement lasse qu’elle invite RFF à l’exproprier. Ce qu’il refuse à faire. «RFF se retranche derrière la loi», résume Claude Boyer. Dans les deux dossiers, Mathieu Barsacq estime que RFF a été au terme des discussions. «On a désormais zéro marge de manoeuvre», conclue le représentant de RFF. Ce dernier a «allumé le feu» selon Claude Boyer, qui promet : «Ils nous ont mis en colère, tant pis pour eux». • NB

 
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