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Soirée électorale : grise mine au Palais Rohan PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 18 Juin 2012 00:24

L’annonce des résultats nationaux a jeté un froid dans l’assemblée – relativement clairsemée par rapport aux scrutins précédents – réunie au Palais Rohan. Très rapidement, Alain Juppé était appelé par les télés à commenter les résultats nationaux. A son retour, le buffet était déjà quasi plié.


Pendant la « longue » attente des résultats locaux, on faisait grise mine en bas, tandis que les candidats étaient réunis dans les bureaux d’Alain Juppé. La rumeur allait bon train qui donnait Chantal Bourragué perdante, à quelques dixièmes près (vers 21h).

Nicolas Florian est descendu le premier. Relativement détendu, il s’est contenté d’une brève allocution. « Vis-à-vis des scores dans le pays et en Aquitaine – où il ne reste qu’un seul élu UMP, j’ai tout de même fait un score honorable au terme d’une campagne de seulement quatre semaines. Certes, je ne gagne pas, mais j’ai constitué une assise de 41,5%, base avec laquelle je vais travailler pour repartir, dès demain, en campagne pour 2017. »

Après 10 ans passés à l’Assemblée nationale, Chantal Bourragué a été plus prolixe. Les yeux un peu rougis, elle arrivait à garder le sourire : « Je crois avoir mené une belle campagne où nous nous sommes beaucoup mobilisé mais perdre fait partie de la démocratie. L’appel de la gauche alliée à l’extrême-gauche pour une majorité présidentielle s’est confirmée à Bordeaux au cœur d’un mouvement national très fort – je ne crois pas qu’il s’agisse d’un rejet de ma personne. Je n’ai pas eu le temps d’analyser les chiffres précis, mais je constate, en tout cas, que les Bordelais ont peu voté. Malgré la défaite, je resterai à l’écoute des Bordelais, en tant que simple conseillère municipale. Car je sais que les choses vont évoluer : les Français ont rêvé aux promesses des socialistes, et je crains que la réalité, avec la compétition mondiale, les rattrape. A l’heure qu’il est, je ne pense pas à mon retour en 2017, je suis juste inquiète pour l’avenir. »

Et un petit mot sur ses deux mandats : « J’ai vécu 10 années passionnantes à l’Assemblée nationale. Ce dont je suis le plus fière, ce sont les lois sur lesquelles j’ai travaillé – pour la défense des handicapés, pour l’égalité et la protection des femmes, les lois sur l’adoption ou encore le groupe de travail contre la légalisation du cannabis. Et puis j’ai été heureuse de servir les gouvernements de deux présidents successifs, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. »

Pour 2014, "rien n'est joué"

Après une assemblée à huis clos dans un salon de la mairie, où Alain Juppé a chaudement félicité les candidats pour leur campagne et tenté de galvaniser les militants – qui ont chaudement applaudi – pour poursuivre la mobilisation en vue des prochaines échéances, le maire de Bordeaux a commenté publiquement les résultats locaux. « L’explication à cette «vague rose» est simple : partout, les Français ont donné à la majorité le pouvoir de gouverner. La droite conserve, et j’en suis heureux, deux députés avec Yves Foulon et Jean Lassalle. C’est une très grande déception, en revanche, pour Chantal Bourragué qui a fait une remarquable parlementaire. Je salue aussi le très beau combat de Nicolas Florian qui était, il y a un mois, quasiment inconnu à Bordeaux et je souhaite continuer à travailler avec lui pour consolider sa bonne assise. Nous allons maintenant nous remettre en ordre de marche et travailler, avec nos alliés, dans le sens du rassemblement. Concernant les municipales de 2014, je pense que rien n’est joué et qu’il est imprudent de prendre sa calculette, comme le fait le PS, aujourd’hui pour une élection qui aura lieu dans deux ans. Tout peut changer très vite – souvenez-vous qu’en 2007 j’ai échoué aux législatives avec 48% des suffrages et qu’en 2008 j’ai remporté la mairie avec plus de 55% des voix. »

Et à la question d’un journaliste qui l’a titillé sur « Bordeaux à droite, dernier village gaulois », il a tenu à préciser : « On a mis ces mots dans ma bouche alors qu’à l’origine, ils sont de Michèle Delaunay. Mais j’espère pouvoir répondre que nous avons une réserve inépuisable de potion magique ! »

Sébastien Le Jeune

 
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