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Des «consom’acteurs» aux «récuper’acteurs» PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 21 Novembre 2012 08:00

Réparer plutôt que jeter. L’idée n’était plus guère à la mode en ces années de consumérisme à tout crin. Mais le tournant du développement durable conjugué au marasme économique ambiant pourraient bien changer la donne. Réduire notre production de déchets tout en prolongeant la vie des objets (et donc en retardant le prochain acte d’achat) devient une alternative intéressante.

 C’est en tout cas le pari de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat d’Aquitaine, qui mène cette semaine l’opération Répar’acteurs. L’idée est simple : rappeler que derrière de nombreux artisans se cachent des réparateurs, qui ont par conséquent leur rôle à jouer dans la réduction des déchets. Et des dépenses. Cordonniers, bijoutiers, couturières, réparateurs d’électro-ménager ou de meubles ont, dans leurs boutiques, le pouvoir de prolonger la vie des objets. Il suffit d’y penser. 


Pour activer le réflexe réparation, la Chambre de Métiers a créé un annuaire en ligne des 1360 entreprises de la réparation en Gironde. Il est consultable sur le site www.dechets-gironde.fr. Elle a créé un logo des Répar’acteurs et un slogan («je répare et ça repart»), que chaque artisan-réparateur peut arborer sur sa vitrine. Enfin, elle a créé cette semaine de communication, qui s’inscrit dans la semaine européenne de la réduction des déchets, au cours de laquelle les artisans participants (58 en Gironde) proposent des opérations promotionnelles ou de sensibilisation, comme des portes ouvertes dans les ateliers.
C’est ce que fait Jean-Baptiste Durousseau dans son atelier d’affûtage d’outils à Cenon. «Les gens ont perdu le réflexe réparation. Comme ces charpentiers qui jettent des lames à 30€ lorsqu’elles sont usées alors que je peux les réaffûter pour 10€. le créneau a été récupéré par les grands groupes, qui bassinent tout le monde avec leur «achetez, achetez». «C’est vrai, renchérit à ses côtés un réparateur d’articles en cuir installé à Bordeaux. Mais moi je suis optimiste : paradoxalement, la crise actuelle peut-être une chance pour nos métiers». Ca serait déjà ça.• SL

Photo : A Cenon, Jean-Baptiste Durousseau ouvre son atelier d’affûtage au public © OSF

 
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