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Avec le froid, la production s’est compliquée pour les maraîchers. Plus chers à produire, du fait de dépenses excessives en chauffage notamment, les prix des légumes ont donc grimpé sur les étals
Il fallait s’y attendre. Conséquence directe de la vague de froid qu’a connue la Gironde en ce début d’année (jusqu’à – 8 °C), le prix des légumes est en hausse sur les étals du département. Même si les conditions climatiques sont redevenues normales ces derniers jours, la production a pâti de ce climat sibérien et le surcoût engendré est logiquement répercuté à toute la chaîne de distribution, jusqu’aux consommateurs. « ça a coûté cher pour maintenir les cultures en état » précise Christian Cessateur, président du groupement des producteurs de légumes de la Gironde (qui regroupe 150 producteurs locaux) « Toutes les cultures sont touchées, comme les salades, les radis… Avec ces deux semaines de froid, cela va paraître sur les prix ». Pour les autres cultures, non chauffées, elles sont « en mauvais état visuel » ( épinards, blettes) ce qui ne signifie pas pour autant que leur valeur nutritive soit nulle. Mais la logique de l’offre et la demande est respectée : avec trois semaines de retard pour les mises en marché, les prix partent à la hausse du fait de la raréfaction des produits. Ou plutôt reviennent à des cours « plus raisonnables » souligne Christian Cessateur. Car le prix payé aux producteurs étaient bien maigres ces derniers temps. « Les agriculteurs ne peuvent plus vivre de leurs produits, car ils ne gagnent presque rien du fait d’un prix très bas payé au producteur ! Avec le froid, on revient à des niveaux acceptables» A titre d’exemple, il y a un mois, un kilo de poireaux (légume, qui n’est presque plus produit en Gironde) était vendu 50 centimes (prix comprenant le transport et le conditionnement) et 35 centimes revenaient au producteur. Aujourd’hui, les cours tournent autour de 80 centimes le kilo. Cette augmentation, due au froid, mécontentera peut être le consommateur girondin mais permettra aux producteurs locaux de retrouver un peu le sourire dans « un climat de morosité ambiante pour la profession » regrette Christian Cessateur qui alerte aussi sur le devenir de la profession dans le département. « En payant le produit très bas, on tue le producteur ; si les prix sont très élevés, les consommateurs n’achèteront pas et personne n’y gagnera. Il faut que tout le monde trouve son compte, la grande distribution, les grossistes et nous producteurs». Yannick Laborde  |