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Ils ne peuvent pas voir la pub en peinture PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Lundi, 08 Mars 2010 21:09

Un collectif de déboulonneurs vient de se former à Bordeaux. Il organisait samedi à Belcier sa toute première action antipub, et en prépare déjà de nouvelles pour les semaines à venir

«C’est un galop d’essai. On est rassurés car on pensait être moins nombreux», lance dans le mégaphone un jeune homme arborant un gilet jaune fluo type «survie en bord d’autoroute». Sur le parvis de la gare, une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles une bonne moitié d’étudiants, écoutent les consignes : «Seuls ceux qui portent les gilets jaunes se portent responsables du bâchage si les policiers interviennent. On n’a rien contre eux, ils font leur travail. On assume cette action, on la fait à visage découvert et de façon non-violente». Ironie du sort pour certains, fait exprès de la mairie pour les autres, les panneaux que les déboulonneurs avaient prévu de bâcher ne vantent plus ce jour-là les mérites de la consommation mais ceux des économies d’eau. Pas question donc de s’attaquer à ce message positif. Le choix se reporte sur un grand panneau 4x3 mètres planté derrière la gare, sous le pont où passe le tramway, et sur lequel s’étire en lettres d’or : «Le Choc des titans». Sous la surveillance discrète de deux policiers en uniforme, les organisateurs déballent une grande bâche militaire et lancent un appel à... chaussures ! Attachées aux cordelettes qui serviront à suspendre la bâche, elles sont lancées comme des grappins au-dessus du panneau. La bâche est laborieusement hissée par les déboulonneurs débutants. Le slogan «Trop de pub ! Libérons la CUB» finit par recouvrir fièrement la pub pour la sortie en salles de l’épopée guerrière à la sauce Grèce antique. Applaudissements. «Cette action peut paraître vaine et dérisoire. On s’attache seulement à demander de réduire la taille des panneaux publicitaires à 50 sur 70 cm, car il ne nous semble pas possible d’empêcher la pub, clame Antoine, 27 ans, musicien quand il n’est pas déboulonneur. On demande la liberté de réception, qui est le corollaire de la liberté d’expression».Chacun est ensuite invité à «pousser son coup de gueule» contre l’invasion publicitaire. On parle laideur du paysage urbain, surconsommation, pouvoir d’achat, misogynie, gaspillage... «Un panneau comme celui-ci consomme autant qu’une petite famille en électricité», lance un gilet jaune. Quand le flot des interventions se tarit, la bâche est remballée. Prochaine étape : «Un barbouillage d’affiche, répond Antoine. On prend une bombe de peinture et on met un slogan antipub sur un panneau. Le but est de dégrader symboliquement. Et on va au commissariat». Le jeune homme a d’ailleurs déjà écopé d’une amende de 100 euros avec sursis pour une action de barbouillage à Paris. «Le but du jeu est d’engranger un procès de la pub qui n’a jamais eu lieu, assène un des participants. Nos lieux de lutte et de débat, ce sont les tribunaux».
A.G.

Les déboulonneurs : que veulent-ils ?
Le collectif des déboulonneurs a vu le jour à Paris en 2005, et a des antennes dans une dizaine de villes. Son objectif est d’obtenir une loi et un décret d’application qui ramène la taille des affiches à celle pratiquée pour l’affichage associatif à Paris : 50x70 cm. Il organise chaque mois une action de désobéissance civile de barbouillage de panneaux publicitaires.

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