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Alors que les députés examinent aujourd’hui l’amendement 30 sur la retraite des infirmiers et paramédicaux et la pénibilité du travail, ces derniers se mobilisent pour défendre leurs droits
Que ce soit au niveau national ou local, les infirmiers et paramédicaux sont vent debout et rejettent l’amendement 30 du projet de loi relatif à la rénovation du dialogue social dans la fonction publique hospitalière. Cela revient notamment à remettre en cause la «catégorie active» (qui tient compte de la pénibilité) en la requalifiant de «sédentaire», ce qui supprimerait le départ à la retraite des infirmiers à 55 ans. Mais le gouvernement laisserait le choix à celles et ceux qui sont déjà en poste. C’est la politique du donnant-donnant : d’un côté, les infirmiers et paramédicaux en poste (niveau catégorie B) devront choisir entre le maintien de leur droit à la retraite à partir de 55 ans assorti d’une petite revalorisation salariale, ou un départ à la retraite à 60 ans avec une meilleure rémunération (2 000€ net par an en moyenne). Quant à ceux qui sont actuellement en formation (les étudiants promotion 2009), ils seront automatiquement classés en catégorie A de la fonction publique hospitalière dès 2012. Pour les syndicats, cette réforme est un leurre. «Nous demandons le retrait de l’article 30 et une ouverture des négociations sur les salaires », déclare Françoise Hernandez, déléguée CGT du personnel au CHU de Bordeaux. Tout ceci dans un contexte d’étranglement financier des hôpitaux et des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader. « L’hôpital doit fermer des lits à cause d’un manque criant de personnel, notamment en orthopédie, ce qui a pour conséquence d’engorger les urgences», souligne Françoise Hernandez. Pour la députée PS, Michèle Delaunay qui a passé 45 années en médecine hospitalière, «ce troc ne passe pas. En réalité, cela pose un problème sous-jacent : être infirmier est-il un métier pénible ? », souligne l’élue qui soutient les infirmiers dans la défense de leurs acquis. A ce titre et tandis que l’examen du projet de loi débute aujourd’hui à l’Assemblée Nationale, la gauche, vigoureusement opposée au volet modifiant le régime de retraite des infirmières, demandera le report pur et simple de ces dispositions. «Je pense qu’il faut aménager la carrière des infirmiers. Par exemple, il devrait être possible de changer d’activité (faire des consultations) avec des horaires réguliers à partir de 50 ans. Là, on les met devant un choix qui n’en est pas un !». Autre point de désaccord, le niveau de qualification et la reconnaissance des spécialités. Sébastien Aveline est infirmier depuis 15 ans et a entrepris une spécialisation pour être infirmier anesthésiste à Bordeaux. « Pour être infirmier, il faut trois ans d’études. Moi je fais cette spécialisation qui va durer deux ans. Au total, j’aurai fait cinq années d’études, mais ce projet de loi ne veut pas reconnaître le niveau MASTER (bac +5)». Les infirmiers spécialisés ont aujourd’hui le sentiment d’être attaqués sur tous les fronts. Car non seulement ce projet de loi recule de 5 ans l’âge de la retraite mais il ajoute en prime une non reconnaissance de la pénibilité ainsi que du niveau Master. Yannick Laborde  |