|
Du 8 au 17 mai, la Foire internationale de Bordeaux part à la conquête du ciel au travers d’une exposition d’envergure qui couvrira un siècle entier d’aviation. Un événement hors norme qui a nécessité une organisation exceptionnelle
100 ans d’aéronautique en Aquitaine, ça se fête. Aussi, pour célébrer l’événement comme il se doit, la Foire de Bordeaux s’est dotée cette année d’une exposition d’envergure qui constituera à n’en pas douter un des points d’orgue de cette édition 2010. Mais réussir «La conquête du ciel», ce n’est pas si simple. Cette exposition qui réunira une trentaine d’avions et de nombreuses pièces d’aviation de haute technologie est le fruit d’une motivation sans faille, de longs mois de travail et d’un stress quotidien de la part des organisateurs. «Au départ nous nous sommes concentrés sur la recherche des avions afin que chaque période de l’histoire soit représentée. Mais quand il a fallu se pencher sur la manière dont nous allions les transporter, nous sommes rentrés dans la 15è dimension», se rappelle Marie-Laure Hubert Nasser, directrice de la communication de Congrès et Expositions de Bordeaux. Les organisateurs ont même du se contraindre à renoncer à certaines machines du fait notamment de leur envergure et des difficultés engendrées par leur transport. «Je rêvais d’avoir au milieu de l’exposition le bimoteur Lockheed Electra d’Amelia Earhart (Première femme à traverser l’océan Atlantique en 1928 : ndlr). Mais il a fallu abandonner l’idée car l’avion était en Suisse, il fallait le rapatrier à Mérignac puis le démonter pour pouvoir le transporter. Pour cela il fallait faire appel au seul mécanicien capable de démonter une partie des ailes, qui vit en Californie. Bref, l’opération nécessitait au final entre 35 000 et 38 000 euros». Heureusement, pour beaucoup d’autres machines volantes, le rêve est devenu réalité grâce à la mobilisation de nombreuses personnes et de bénévoles passionnés. «Il faut saluer le travail fourni par les membres du Conservatoire de l’Air et de l’Espace d’Aquitaine (CAEA) et leur président Alain Arpino, par l’association «Cent ans d’aviation à Bordeaux-Mérignac» et son président François Courtot ou encore par Bernard Chabbert, commissaire général du «Centen’Air 2010» et expert du comité de pilotage mis en place pour notre exposition. Sans oublier Eric Guillemin, le commandant de la Base Aérienne 106 qui nous a aidés à demander les autorisations nécessaires au ministère de la défense ou encore l’entreprise Dassault qui nous a prêté sa grue pour charger et décharger les machines». Une fois l’inventaire des avions effectué, restait encore à régler le problème de leur transport, ce qui n’était pas une mince affaire au regard du poids et de l’envergure de chaque machine et de chaque pièce. Les premiers avions sont arrivés à bon port dans la nuit du 13 avril mais le plus gros reste encore à faire. «L’objectif était de démonter le moins d’avion possible car chaque machine démontée nécessite un transport exceptionnel et coûte 10 000 €». Ainsi, dans la nuit du 20 avril, un convoi exceptionnel de 30 camions transportera de nombreux avions en un seul morceau, de la BA 106 de Mérignac au Parc des Expositions. «L’envergure des avions ne permet pas de sortir par la BA 106, le convoi devra donc traverser les pistes de l’aéroport sous l’oeil vigilant des pompiers et des forces de l’ordre. Ensuite, le transfert nécessitera la fermeture de la rocade bordelaise pendant plusieurs heures. «Puis une fois arrivé au parc des expositions, il faudra encore démonter le portail d’entrée du parc». Jamais, même pas du temps des dinosaures, une exposition colossale réalisée il y a quelques années, la foire n’avait accueilli une exposition d’une telle dimension. SD
 |