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Fermé depuis 2005, le Méga CGR Le Français rouvre enfin ses portes le 26 mai prochain avec 12 salles équipées du numérique. Mais la tâche s’est avérée compliquée notamment à cause de la tempête
C’était une institution à Bordeaux. Du moins jusqu’en 2005. Car malgré ses 14 salles protégées par les Bâtiments de France, l’établissement le Français n’était plus aux normes. Géré par le groupe CGR, le cinéma devait initialement rouvrir au printemps dernier. Démonté il y a quatre ans, tout a été reposé à l’identique. Mais la tempête Klaus a retardé le chantier. «Nous avons connu six mois très difficiles. D’habitude, un multiplexe est bouclé en sept mois. Mais ce que nous allons montrer dès le mois prochain, je ne crois pas que cela existe en France. Ce sera notre plus beau cinéma», se targue Jocelyn Bouyssy, directeur général du 3ème groupe français. Et pour cause, c’est la première fois qu’un décorateur est engagé dans la restauration d’un cinéma. Outre ses 12 salles dotées du numérique, l’intérieur a été repensé de manière plus «punchy» dans des tons fushia. En perspective, le Hall, d’une surface de 400m2 accueillera un espace restauration et un bar à vins. La grande salle, en l’état, se démarquera par ses 875m2 munis de fauteuils spacieux. «Près de la moitié des salles seront équipées pour les malentendants, on oeuvre également pour les malvoyants via l’autodescription», ajoute le directeur. Pour assurer ces travaux, pas moins de 15 millions d’euros ont été débloqués. Du coup, les nouveaux gérants tablent sur de futurs partenariats avec les commerçants du centre-ville et misent, côté fréquentation, sur 700 000 entrées la première année pour remonter la pente. «Notre principale contrainte sera le faible nombre de fauteuils à savoir 2000». Un manque à gagner compensé par l’instauration de séances matinales (9h) ou tardives (0h le vendredi et le samedi) pour augmenter le nombre total de séances. Pour son inauguration le 27 mai, l’établissement parie sur la venue du réalisateur Jean Becker pour «La tête en friche». Et peut-être Gérard Depardieu. Carine Caussieu
Des possibilités décuplées «J’avais honte de ce que l’on faisait avant la fermeture mais on enregistrait quand même 300 000 entrées». Sans vouloir concurrencer l’UGC, le Méga CGR Le Français prévoit désormais de programmer quelques films en version originale, tout en restant dans une optique «grand public». «En période creuse on voudrait faire autre chose que du cinéma», s’enthousiasme Loran Abadie, le directeur d’exploitation. Retransmissions de concerts, d’opéras ou de rencontres sportives seront de la partie. |