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L’archevêché de Bordeaux condamne les propos tenus dans le reportage sur l’extrême droite bordelaise tandis qu’Alain Juppé en appelle à la justice
L’archevêché de Bordeaux a condamné hier dans un communiqué «toutes formes d’antisémitisme, de racisme, de haine ou de violence», en référence à des propos tenus dans un reportage sur un groupe d’extrême droite lié aux milieux catholiques traditionalistes diffusé la veille sur France 2. Le documentaire, diffusé dans le cadre de l’émission «Les Infiltrés», s’intitule «A l’extrême droite du père» et s’intéresse à un groupuscule d’extrême droite bordelais, Dies Irae, fondé par Fabrice Sorlin, militant du Front national qui a été candidat aux législatives. «Certaines séquences rapportent des propos intolérables, scandaleux et que nous dénonçons comme inacceptables, même si les conditions dans lesquelles le tournage s’est effectué posent de réelles questions de déontologie», écrit l’archevêché. L’annonce de la diffusion du film avait suscité des protestations des milieux catholiques traditionalistes, auxquels est lié ce groupuscule. Dans le documentaire, on voit certains de ses quelques 150 membres, plutôt jeunes et qui arborent des insignes franquistes, tenir des propos violemment anti-juifs, anti-arabes, anti-noirs. Les journalistes s’étaient également introduits en caméra cachée dans une école catholique traditionnelle hors-contrat de Bordeaux qui relève de l’Institut du Bon Pasteur (dont le supérieur général est l’abbé Philippe Laguérie, ancien curé de l’église traditionaliste parisienne Saint-Nicolas du Chardonnet) où des élèves et des enseignants tiennent des propos très racistes. Les responsables de la paroisse St-Eloi de l’abbé Laguérie «ont affirmé qu’il n’y a pas, à l’heure actuelle, de lien entre la paroisse et le groupe politique incriminé», selon l’archevêché. «Les parents de l’école privée Saint-Projet expriment leur condamnation de tout antisémitisme. Leurs déclarations devront être suivies de mesures fermes et appropriées», est-il encore indiqué. De son côté, le maire de Bordeaux a écrit hier au préfet et au recteur de l’Académie de Bordeaux pour leur faire part de son indignation face aux propos et aux comportements présentés dans l’émission. «Les activités de groupuscules fondées sur des théories horrifiantes qui ont été décrites tombent sous le coup de la loi et nuisent gravement à l’image de notre ville», souligne Alain Juppé qui souhaite savoir si des procédures seront engagées à l’encontre des protagonistes et demande que cette affaire «une fois les faits avérés, fasse l’objets de poursuites judiciaires». Une position apparemment claire d’Alain Juppé pourtant fortement critiquée par les élus PS, à commencer par Gilles Savary, le vice-président du conseil général qui participait mardi soir à l’émission et estime avoir été censuré par France 2. «J’ai pu, sans exposer l’émission au moindre risque, affirmer que c’est par une volonté politique délibérée que le maire de Bordeaux Alain Juppé a installé sur la base d’une délibération municipale illégale et déboutée à trois reprises devant les tribunaux de la République un groupe bien connu d’intégristes catholiques dans une église de Bordeaux dont les caves abritent aujourd’hui l’activisme xénophobe et antisémite». L’élu bordelais d’opposition, Matthieu Rouveyre va même plus loin en demandant : «Le maire de Bordeaux va-t-il enfin renoncer à sa coupable bienveillance à l’égard des extrémistes de St Eloi ? L’occupation de l’église étant illégale, Alain Juppé peut tout a fait ordonner son évacuation». SD avec AFP  |