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L’association IPPO (Information, Prévention, Proximité, Orientation) chargée d’accompagner les personnes en situation de prostitution, risque de fermer faute de moyens.
Maison clause ! Sans mauvais jeu de mot, tel pourrait être le message placardé sur la porte de l’association IPPO, située 14 rue de Villedieu, à Bordeaux. Car faute du maintien d’une subvention de l’Etat, au travers de la Direction Départementale pour la Cohésion Sociale, cette association pourrait disparaître. « Il nous manque 110 000 € cette année pour faire fonctionner notre structure » précise Maryse Tourne, trésorière de l’association. « Si dans trois mois nous n’avons pas trouvé de solution, nous serons contraints de fermer et de laisser les personnes en situation de prostitution à leur propre sort ». Très motivés pour sauvegarder leur association, les onze salariés d’IPPO (3 travailleurs sociaux, 1 médecin, 1 psychologue, 1 juriste…) s’activent pour alerter sur cette situation, en pointant du doigt notamment l’incohérence de la politique gouvernementale en matière de santé publique (prévention du Sida) et de lutte contre la traite des êtres humains (TEH) dont la France affirme son engagement au niveau national et international. « Comment l’Etat peut-il dire du jour au lendemain qu’il arrête sa lutte contre le trafic d’êtres humains ? » s’interroge Maryse Tourne. Car l’une des principales missions de l’association, c’est bien d’aller à la rencontre des personnes sur le terrain et « faire parler les filles » sur leurs propres situations et les problèmes qu’elles rencontrent. Telle est la mission de Véronique (38 ans) et Mariannick (30 ans). Passionnées, observatrices et très au fait du phénomène prostitutionnel bordelais, les deux femmes nous racontent leur quotidien et les opérations qu’elles mettent en place. « Deux fois par semaine, on va voir « les filles ». Il y a celles qui nous attendent avec lesquelles on parle de prévention des maladies sexuellement transmissibles, du VIH ou encore des questions sur la grossesse. Pour « les nouvelles », le contact est plus difficile au début ; puis elles se détendent et la communication s’engage » déclare Véronique. Distribution de préservatifs, soutien matériel et psychologique, lutte contre les réseaux criminels et conseil juridique, le travail ne manque pas envers cette population exclue socialement. « 91 % sont des migrants provenant essentiellement de Bulgarie ou de l’Afrique Subsaharienne. Elles ne connaissent pas leur droit ni même les risques pour leur santé. Parfois, elles sont victimes d’agressions» concède Mariannick. «Même de séquestrations suivies de viols » surenchérit Véronique. Et la suite judiciaire est difficile à prouver. Car au vu de leur « statut », de leur étiquette de « prostituées », il est parfois dur à croire que des « filles comme elles puissent être violées puisque c’est leur métier. » Mais leur obstination porte parfois ses fruits : « une quinzaine de dossiers sont aux mains de la justice » précise Mariannick. Et de conclure : « C’est en travaillant avec tous les acteurs (police, services sociaux, justice) que l’on pourra combattre les réseaux criminels. » En 2009, 613 personnes ont été rencontrées par l’association. • Yannick Laborde Permanence tous les jours : 14h-16h 14 rue de Villedieu à Bordeaux. Tel : 05.56.92.25.37
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