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La comédienne Léa Drucker est à l’origine de l’adaptation française de la pièce «Blackbird» de David Harrower. Un huis clos tragique sur un sujet brûlant. Rencontre
Comment vous-êtes vous retrouvée à traduire l’oeuvre avec l’actrice et réalisatrice Zabou Breitman ? En fait, j’étais à Londres pour un casting avec Rowan Atkinson (ndlr : interprète de «Mr Bean») et il m’a conseillé d’aller voir la pièce. J’ai alors eu un coup de foudre. Malgré le sujet, grave, elle n’était ni sulfureuse ni perverse. Cela m’a donné envie de la mettre en scène mais je n’étais pas encore prête. Je me suis alors très vite renseignée sur les droits. Après, Zabou a assuré 90% de l’adaptation, mon anglais étant très scolaire. Vous avez donc opté pour l’interprétation... Plus que le reste, c’est le personnage masculin qui m’intéressait. Sur scène, je ne voyais pas une victime et un bourreau mais bien deux victimes. A la base, il y a un acte pédophile entre un homme de 40 ans et une jeune fille de 12 ans qui n’avaient pas le droit d’être ensembles. Mais ce sont avant tout deux rescapés d’un amour tragique qui se revoient quinze ans après. C’est elle, autrefois amoureuse de lui, qui revient le voir. Désormais adultes, ils possèdent le besoin de se raconter ce qui s’est passé. Toutefois, le texte, percutant, ne dédouane pas l’acte de cet homme tout en évitant de le représenter comme un monstre. Justement, en parlant du texte, l’écriture d’Harrower est connue pour son style concis, comment l’avez-vous abordé ? Effectivement c’est une écriture composée de phrases concrètes. Il existe une incessante hésitation dans les mots des personnages. Ils essayent de se parler mais n’y arrivent pas et c’est d’autant plus diabolique à apprendre. Et aujourd’hui que retenez-vous de ce rôle ? Je suis heureuse que le public la reçoive comme je l’ai ressenti en tant que spectatrice. Traitée comme un drame et avec une grande humanité, la pièce permet de s’interroger sur le thème. Quant à mon partenaire, Maurice, son jeu, à l’anglo-saxonne m’a beaucoup enrichi.
Propos recueillis par Carine Caussieu «Blackbird» mise en scène de Claudia Stavisky jusqu’à samedi, 20h au TnBA, 8-25€. Rencontre avec l’équipe demain à l’issue de la représentation. Durée 1h30  |