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Écrit par Bordeaux7
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Dimanche, 27 Juin 2010 21:06 |
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Sa réputation n’est plus à entretenir. Comédien souvent salué pour ses prestations dans des films d’auteurs, Mathieu Amalric passe pour la quatrième fois derrière la caméra avec «Tournée».
Un road-movie du Havre à la Charente-Maritime qui sublime le genre du «New Burlesque», genre porté essentiellement par des strip-teaseuses. Ce nouvel essai lui a aussi, surtout, permis de décrocher à Cannes le prix de la mise en scène le mois dernier. Rencontre
Comment est née l’idée du film ? Ce n’est pas tellement une idée. Au départ, il y a juste deux femmes avec qui on était en train de terminer un film. La collaboration nous a plu et elles ont eu envie de réitérer l’opération. J’ai alors regardé ce que j’avais dans les cartons et j’ai trouvé un texte de Colette quand elle était actrice de music-hall en Province. Elle réalisait alors des pantomimes un peu scandaleux. Par la suite, on croyait naïvement trouver un équivalent aujourd’hui, or c’était un peu rance. J’ai donc commencé à travailler sur autre chose. Pourquoi était-ce inconcevable ? Il faut être fou pour réaliser un film d’époque ! Les films sont forts quand ils abordent notre quotidien, d’aujourd’hui. Je suis alors tombé sur un article qui racontait le phénomène «New Burlesque» avec ses danseuses. Je n’en avais jamais entendu parler. Je n’ai pas eu envie de les rencontrer tout de suite, je voulais construire une histoire en amont pour ne pas sombrer dans le documentaire. Puis, on est allés les voir à Nantes pour les connaître d’abord par leurs numéros car c’est ce qui les définit. J’avais vraiment besoin de les apprécier pour aimer ces femmes. Ce qui est remarquable c’est qu’elles font de la politique sans avoir besoin de le dire : et c’est ça le plus beau des discours. On voyait les spectatrices sortir du show avec une telle énergie ! C’est la première fois que vous êtes à la fois réalisateur et acteur dans un film... A l’époque, j’avais beaucoup joué, j’en avais un peu ma claque. J’ai eu envie de me vieillir un peu, de travailler la question de la virilité. Et surtout d’aborder l’envers du décor des tournées. Joachim, le personnage principal vend aux danseuses un tour de France mais elles ne voient rien du pays. En tournée, cela se passe ainsi : on dort dans les mêmes chaînes d’hôtels, les serviettes sont toutes les mêmes... On a donc créé une vraie tournée, et on offrait des spectacles gratuits dans chaque ville où l’on s’arrêtait pour prendre les réactions du public à vif. Comment avez-vous vécu l’aventure cannoise ? C’était déjà hallucinant d’être sélectionné ! Les jurés l’avaient visionné plus de deux mois avant le début festival et nous n’avions eu aucune nouvelle. D’autant que je n’avais rien promis aux filles si ce n’est l’histoire d’une tournée pourrie. Finalement ce sont elles qui m’ont mené vers Toulon ! Elles ne s’étaient pas demandées si cela les rendrait célèbres. Cette quête de gloire, c’est terminé avec leurs âges et c’est aussi ça que j’aime dans le burlesque : c’est de l’art brut. Quels sont vos autres projets cinématographiques ? Je serai sur le mixage d’un autre film en juillet pour «France 2». Il s’agit de transposer des pièces du répertoire classique comme «L’illusion comique» de Corbeille, de nos jours. Le magicien deviendrait ainsi concierge d’hôtel...• Propos recueillis par Carine Caussieu
«Tournée», sortie mercredi sur les écrans..
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Mise à jour le Dimanche, 27 Juin 2010 21:09 |