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Un rocher nommé désir PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Bordeaux7   
Lundi, 06 Septembre 2010 19:57

«Cenon : une nature, des cultures». Le slogan de la ville n’a jamais aussi bien porté son nom.

La commune de la rive droite s’apprête à inaugurer en grande pompe son tout nouvel équipement culturel : le Rocher de Palmer, en plein coeur du parc du même nom. Dédié aux musiques et arts du monde, il s’appuie sur une programmation musicale intense dont les prémices seront visibles dès le 24 septembre. Une appellation un peu fourre-tout qui englobe aussi bien le jazz, que le rock ou la pop. «C’est l’aboutissement de presque 20 ans de labeur», se satisfait Patrick Duval, directeur de l’association Musiques de Nuit, en charge de la programmation des lieux. Et surtout d’un chantier colossal qui se concrétise aujourd’hui par un établissement à l’architecture audacieuse, signée Bernard Tschumi, à qui l’on doit le Parc de la Villette à Paris ou le musée de l’Acropole à Athènes. Son cabinet a été retenu parmi près de 90 candidatures déposées suite à un appel à projets.

Tschumi et le volume

«C’est la première fois qu’on oeuvre avec un environnement si particulier. Le thème des musiques du monde nous a inspirés. On a évité le modèle façade/toiture pour obtenir un objet venu d’ailleurs inséré dans le parc. Le volume se retrouve également à l’intérieur des locaux», explique Bernard Tschumi. Des locaux qui n’abritent pas moins de trois salles de concerts. La première, le Rocher 650, accueille en toute logique 650 personnes dans une configuration de spectacle assis. Elle permettra notamment la délocalisation des spectacles du Grand Théâtre mais aussi des représentations de théâtre, danse, cirque ou music-hall sur sa scène de 325m2. Indépendamment, le Rocher 1200, doté d’une scène surdimensionnée a été conçu pour des concerts debout. Au chapitre nouveauté, cette salle sera ouverte de 1h à 5h pour les jeunes de la commune. Enfin, le salon de musique, un studio insonorisé modelable sera le théâtre de workshops, stages et résidences d’artistes.

Un lieu légitime
Outre le Forum qui permettra de rencontrer les artistes avant les concerts, le public est invité à se rendre au centre de documentation pour des conférences ou des siestes musicales sur la thématique des musiques du monde. Sur les 6700m2, Ze Rock, un espace restauration dirigé par Emilien Magie, (frère du chef étoilé Nicolas Magie) pourra recevoir jusqu’à 300 couverts et proposera des menus thématiques adaptés aux spectacles du Rocher. «Une cinquantaine de spectacles sont prévus à l’année, chiffre auquel s’ajoutent ceux des associations locales», livre Alain David, maire de Cenon. 16 millions d’euros ont été nécessaires à la construction du projet et 2,2 millions seront débloqués pour le fonctionnement. Un coût justifié selon Patrick Duval : «Les premières discussions émanaient du constat qu’il fallait compenser le déséquilibre rive droite-rive gauche. C’est un pari énorme à l’image de la dimension du bâtiment. Mais malgré ce que j’entends, le lieu est légitime. Il est le fruit de la rencontre entre les artistes et la population.»• 
Carine Caussieu
Programme complet sur www. www.http://lerocherdepalmer.fr

Un label expérimental

Le Rocher est la première structure à bénéficier du label «Académie des arts».
Un nom pompeux choisi par Fadela Amara. La secrétaire d’Etat à la politique de la ville a été séduite par le projet Palmer qui tend à vulgariser les musiques du monde. Toutefois, le cahier des charges comprend des clauses bien précises. Elles insistent sur l’accompagnement de groupes issus des quartiers concernés et sur les liens à nouer avec des grandes institutions culturelles comme le Conservatoire Thibaud ou le Cefedem. «L’idée est de repérer un ou deux jeunes lors des ateliers musique et de leur permettre d’intégrer un cursus musical pour sortir des idées préconçues. Par exemple, un jeune issu de l’immigration ne s’intéresse pas forcément qu’au hip-hop», rappelle Patrick Duval, directeur artistique du Rocher. Financièrement, le label implique une aide de 180 000 euros. Le projet sera ensuite évalué en juin prochain par les services de l’Etat avec, à la clé, une possibilité de conventionnement sur trois années. «On prend cela comme un laboratoire. On va tout faire pour que le Rocher ne devienne pas un lieu «bobo» de la rive droite» assure le responsable.•

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