Hacketafac, boîte à projets numériques sur le campus

Par bordeaux7 le 02 mai 2017 à 21:00

Les étudiants ont préparé leur dossier de candidature au concours en ateliers ©DR

24 candidatures. 19 filières représentées. Trois mois de préparation. 9 lauréats sélectionnés. « Pour une première édition, on ne s’attendait pas à un tel succès. » Antoine Blanchard est le coordinateur Hacketafac, concours lancé par l’université de Bordeaux et ouvert à tous ses étudiants.

« On leur a demandé d’inventer des innovations numériques pour améliorer les usages du campus. Ils en sont les premiers utilisateurs donc les mieux placés pour imaginer ces nouveaux services », explique-t-il. Huit défis, correspondant à huit besoins identifiés en interne, étaient proposés aux intéressés. On aurait pu penser que seuls les jeunes en formation informatique postuleraient. La compétition a brassé un public bien plus large.

Toutes les candidatures, accompagnées d’une vidéo de présentation de 90 secondes, ont été prises au sérieux et passées à la loupe par un jury de professionnels. Les neuf équipes lauréates ont ont chacune reçu 10 000€ pour mettre en œuvre son projet avant le 31 décembre 2017. « Nos services en interne les accompagneront dans la réalisation », précise Antoine Blanchard.

Neuf bourses de 10 000€

10 000€ pour des équipes d’étudiants, cela semble à première vue démesuré. « Hacketafac a pour vocation à combler des manques sur notre campus. Plutôt que de faire appel à des prestataires extérieu rs, nous avons préféré confier ces missions à nos étudiants », justifie le spécialiste de l’innovation numérique à l’université de Bordeaux.

Pour Nicholas Journet, cette bourse ne sera pas de trop pour permettre à Enosis de voir le jour. Cette application mobile, imaginée par cinq étudiants du département informatique de l’IUT de Bordeaux, va recenser les lieux de vie des étudiants dans et autour des campus de l’université de Bordeaux. « Nous allons aider les communautés à se retrouver », résume Nicholas Journet. On trouvera dans l’application les lieux où faire du sport, les cafés polyglottes, les associations étudiantes. « Chaque année, des milliers de nouveaux étudiants arrivent à Bordeaux, sans rien connaître à la ville et au campus. Enosis doit les aider à les intégrer», dit-il. Une partie de l’équipe va travailler cet été à recenser tous ces lieux de vie.

Scitis va aussi aider les étudiants à mieux communiquer entre eux. Imaginé par une équipe d’étudiants en économie / gestion et sociologie, l’application veut favoriser l’entraide. « Nous sommes nombreux à prendre des cours particuliers. Tout le monde ne peut pas se les payer, mais des étudiants sont prêts à en donner de manière gratuite », dit Rachel Primet. Grâce à une carte interactive, Scitis mettra en relation ceux à la recherche de cours et ceux prêts à en donner. Mieux, cette même carte permettra de savoir où sont les salles disponibles dans les bâtiments de l’université. Une grande partie des 10 000€ ira dans le développement de l’application.

Les étudiants d’Arbalet Frontage, eux, développeront eux-mêmes le programme informatique de leur projet. En formation à l’Inria, ils veulent rendre interactive la façade pixelisée du bâtiment A1 entre Peixotto et Forum. Les 76 fenêtres s’illuminent chaque soir de manière aléatoire. L’équipe d’ingénieurs va créer un dispositif pour que les passants puissent, avec leur téléphone, jouer à des jeux rétro comme Tetris ou Snake sur la façade. Des étudiants pourront aussi se servir de ce site pour apprendre à programmer en changeant les couleurs aux fenêtres. Début 2017, une deuxième session de Hacketafac est déjà programmée.•

 

Laurie Bosdecher

hacketafac.u-bordeaux.fr

COMMENTAIRES (0)