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Roller derby : le sport «féminin et féministe» qui cartonne PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 04 Novembre 2013 06:00

Ne l’appelez pas Jennifer ! Sur une piste de Roller Derby, elle ne répond qu’au nom de Vipère Fusion.

«Quand j’étais petite, un des personnages des "crados" (une série de cartes autocollantes à collectionner, ndlr) était Jennifer vipère, sourit la jeune femme. Et j’adore les volcans, ce côté feu et énergie. Puis l’ensemble du nom donne perfusion. Quand on m’a croisée sur la piste, on a besoin après d’une perfusion.» 
Au Roller Derby, chaque participante est affublée d’un pseudo, ou plutôt d’un nom de guerrière. Une singularité qui fait partie du folklore qui entoure ce sport depuis sa création, en 2000, aux états-Unis. En France, le Roller Derby est une activité encore jeune et c’est à Bordeaux qu’elle a vu le jour en 2009. Officiellement créé l’année suivante, le club des «Petites morts» a ouvert la voie à l’apparition d’une discipline qui n’en finit plus de séduire aux quatre coins de l’Hexagone. «Aujourd’hui, il y a 60 à 80 équipes en France, poursuit Vipère Fusion. Presque toutes les villes ont une équipe. Le nombre de créations a été exponentiel ces dernières années.»



Exclusivement féminin


Le Roller Derby se joue sur une piste ovale, sur laquelle chaque équipe aligne cinq patineuses, une jammeuse et quatre bloqueuses, qui tournent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Durant le match, qui dure une heure et se divise par «jams» de 2 minutes maximum, la jammeuse marque un point à chaque fois qu’elle dépasse une bloqueuse. Le spectacle est garanti et les contacts sont rugueux entre la jammeuse adverse et les bloqueuses. «On peut user de tout son corps mais c’est très réglementé, explique Vipère fusion. On doit porter des coudières, des genouillères, des protège-dents, des protège-poignets et un casque. On ne peut pas mettre de coup de coude, de coup de tête ou faire de croche-pied. On se sert principalement des épaules et des hanches. C’est un sport très physique, très endurant mais aussi très stratégique.»
 Détail important, le Roller Derby est exclusivement féminin. «Il a été créé par des femmes pour des femmes, affirme Jennifer. C’est un sport féminin et féministe.»



Un succès fulgurant


Sport gentiment déjanté, le Roller Derby navigue encore entre deux eaux. Si les adhérentes des clubs sont licenciées à la Fédération Française de Roller Sports (FFRS), aucun championnat officiel n’existe au niveau national. Les matchs se font au gré des ententes entre deux clubs et pour avoir une idée du niveau d’une équipe, seule la publication sur un site internet des résultats de ces matchs non officiels permet d’établir une hiérarchie. 
Evidemment, le succès fulgurant du Roller Derby intéresse fortement la FFRS, qui souhaiterait encadrer la discipline. Mais les adeptes de ce sport, attachées à l’esprit frais et indépendant de leur création, dont la devise est «pour les patineuses, par les patineuses», n’entendent pas se laisser «récupérer» aussi facilement.

«Avec d’autres ligues de Roller Derby, nous avons mis en place l’an dernier le FROG, un organisme indépendant de la fédération. Il y a un vrai esprit d’autonomie mais aussi de solidarité entre nous. C’est un sport qui ne dépend de personne et c’est à la fois notre force mais aussi notre faiblesse, car ce n’est pas simple de trouver des salles ou des partenaires. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne doit rien à la fédération car c’est nous qui leur ramenons des sous, pas l’inverse.»


Le succès du Roller Derby, lui, ne se dément pas. Pour preuve, une équipe... masculine a vu le jour l’an dernier à Bordeaux. Créée par un arbitre des «Petites morts», l’équipe des Styx, c’est son nom, tente, avec succès, de développer la discipline chez les messieurs. •

OSF

Photo : Vipère Fusion, au centre, et ses coéquipières des «petites morts», le club de Roller Derby de Bordeaux © Vincent micheletti

 
 

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